Egalité de genre: 23,52% de mairies dirigées par les mères

Le Réseau des femmes maires du Cameroun (Refemac) ambitionne de doubler ce taux d’ici 2018, afin de concrétiser l’égalité du genre au sein des Collectivité territoriale décentralisée (CTD).

La «démocratie du genre » connaît des avancées considérables au Cameroun. Les mères occupent de plus en plus le poste de maire. Le nombre des femmes magistrats municipaux connaît une courbe haussière ces dernières années. Il est passé de 23 sur un total de 360 aux élections municipales de 2007 (6,38%) à 31 en 2013 (23,52%). Les femmes s’en sortent plus dans les zones fortement urbanisées, notamment Douala et Yaoundé où elles occupent environ 30% des postes de maires .Le constat est le même en ce qui concerne le poste d’adjoint aux maires. En 2007, 182 femmes étaient adjointes aux maires sur un total de 941. A l’issue des municipales de 2013, l’on a enregistré 275 adjointes aux maires. A cet effet le tableau comparatif présente 205 femmes maires et adjointes sur un total de 1301en 2007, soit 15,75% contre 306/1301 pendant la législature en cours qui va de 2013 à 2018 soit 23,52%. Cette percée est certes louable mais reste insuffisante. C’est l’une des raisons qui justifie la tenue de l’assemblée ordinaire du Refemac tenue le 23 juillet 2015 à Yaoundé.

Selon la présidente exécutive du Refemac, Mme Yvette Claudine Ngono, maire de Yaoundé Vème, la rencontre de Yaoundé avait pour objectif fondamental de « regrouper les femmes maires du Cameroun autour d’une dynamique de développement dans les domaines socio-économiques, politique et culturel ». De façon spécifique, il était question de marquer un temps d’arrêt pour «évaluer le chemin parcouru, procéder au réaménagement du bureau exécutif national, mettre les bureaux d’antenne régionales sur pied », martèle la présidente exécutive du Refemac. En termes de bilan, outre les séminaires et ateliers de formation organisés par l’institution depuis 2008 date de sa création, le Refemac a par ailleurs organisé les causeries éducatives. Durant ces assises cognitives, les femmes maires ont abordé des thématiques diversifiées et d’intérêts publics tels que : la place de la femme en politique, les difficultés que rencontre la femme en politique, l’impact du genre dans la vie publique etc.
Au compte de l’année en cours, le Refemac ambitionne «accroître la contribution des femmes maires à la mise en œuvre de la décentralisation au Cameroun, lutter pour une participation plus active des femmes en politique, renforcer les capacités des femmes maires à travers les séminaires et ateliers de formation », explique la présidente du Refemac. Afin d’atteindre l’égalité genre au niveau des municipalités d’ici 2018, l’institution envisage de mettre sur pied un pool de femmes têtes de listes aux élections municipales de 2018.
Le Refemac a, par la même occasion adopté son plan d’action triennal (2015-2018). Pour les trois prochaines années, l’institution compte intensifier ces activités afin d’avoir un rayonnement national et international. Il sera donc question de mettre l’accent sur le volet de la formation, de la sensibilisation et de la promotion. Mme Yvette Claudine Ngono et ses collègues maires ont saisi l’opportunité pour marquer leur soutien aux forces de l’ordre qui mène une «lutte patriotique » contre BokoHaram. Le «Réseau » a pour la cause assuré devoir appuyer les efforts de guerre contre cette secte islamique.
Le Réseau des femmes maires du Cameroun est une association nationale, apolitique, laïque et à but non lucratif créé le 16 septembre 2008. Le Réseau rassemble les femmes élues locales (maires et adjointes aux maires) de tous les partis politiques. Son crédo est d’œuvrer dans l’encadrement et l’épanouissement de la femme.

Evolution des femmes dans la gestion des municipalités depuis 1982 au Cameroun
1982:0
1987: 01
1996: 02
2002: 10
2007: 23
2013: 31