Education À La Citoyenneté

«Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es» cet adage populaire se vérifie tous les jours au sein de la société camerounaise. En effet, les valeurs morales d’antan ont foutu le camp car, l’argent est devenu la véritable valeur morale dans ce pays. Envoyez un enfant vous faire une commission, au retour, il exigera une motivation. Si vous suivez un dossier dans un ministère ou dans une entreprise privée, il vous sera exigé une motivation pour que votre dossier avance, sinon, vous n’obtiendrez rien ! Je me souviens de mon enfance, nous recevions des cours d’instruction civique et de morale dans les écoles et les établissements secondaires. On nous disait que lorsque vous rencontrez un aîné, ne jamais lui tendre la main. Si vous êtes dans un bus, assis, et qu’une personne âgée ou une femme enceinte entre, vous devez lui céder le siège et rester debout. Quand des amis de la famille venaient rendre visite à vos parents, vous ne devriez jamais intervenir dans leurs discussions, parfois, il fallait quitter le salon. Aujourd’hui, ces valeurs morales ont foutu le camp. La vie devient une véritable jungle où les plus forts, les plus fortunés dictent leur loi aux plus faibles et aux démunis.

Au niveau des actes d’incivisme, n’en parlons point dans la mesure où quelqu’un finit de manger et jette l’emballage en pleine route en vous rétorquant que les employés d’Hysacam sont payés pour nettoyer les routes et faire la propreté. Essayez seulement de lui faire une remarque, il menacera de vous casser la gueule. J’ai parfois assisté à des scènes insolites où il existe un écriteau «ne pas uriner» et c’est à ce niveau que des adultes viennent déverser leurs urines en toute tranquillité toute honte bue. Quel Cameroun voulons-nous donc laisser à nos enfants à travers de pareils comportements qui frisent l’absence morale et la déviance des mœurs ? Au niveau même de la cellule familiale, le respect et la notion du droit d’aînesse ont disparu. Il est courant de voir tous les jours des cadets former des coups de poing face aux aînés et de les menacer en élevant la voix. Les parents n’ont plus le droit et le devoir de réprimander leur progéniture au risque de se casser la gueule proprement. Dès que vous engagez une discussion avec un individu, il vous citera son nombre de véhicules de luxe, ses villas, son nombre de maîtresses en vous lançant ceci, «vous savez qui je suis», je peux vous faire disparaître.

Une personnalité se distingue par ses valeurs morales, son sens de la retenue et, surtout par sa capacité à se faire tout petit. On nous affirmait jadis que lorsque vous êtes invité quelque part, allez occuper les places du fond de manière à ce que lorsque le maître des lieux arrivera, qu’il vous extirpe du fond pour vous installer aux premières loges de peur qu’on ne vous déplace. Il est donc temps que la société, les pouvoirs publics se lèvent comme un seul homme pour barrer la voie à ces déviances qui risquent de nous mener à la déperdition car, une société sans repère, ni valeur morale affirmée et respectée par tous est vouée à l’échec et à la disparition. La nature a ses lois que l’Homme se doit de respecter à tout prix et par tous les moyens pour éviter le naufrage. Il est temps de se ressaisir pour éviter ce naufrage collectif et dont les nuages s’amoncellent à l’horizon de manière inquiétante. N’ayons point peur de dénoncer ces déviances et ces déviations qui commencent à mettre en péril les fondements de notre société jadis stratifiée et aujourd’hui désarçonnée.
Je me souviens jadis que le drapeau et l’hymne national étaient sacrés pour tout citoyen camerounais, quand on passait devant un camp militaire et que c’était la cérémonie de levée et de descente des couleurs, tout le monde s’arrêtait et les automobilistes descendaient de leurs véhicules pour marquer un temps d’arrêt. Les choses ont changé dans le mauvais sens ! Depuis l’apparition de la mode des habits près le corps, même les éléments de nos forces de défense ont adopté ces habitudes vestimentaires et il revient aux responsables de ces corps de remettre de l’ordre dans les rangs. Un peu de discipline, un peu de retenue, un peu de pudeur dans la mesure où la mode ne devrait pas s’appliquer au sein des forces de défense sinon, c’est le monde à l’envers. Si par inadvertance, un de ces éléments soit contraint à une intervention, avec cette tenue moulante, pourra-t-il être en mesure de courir ? Je ne le pense point. J’ai toujours considéré les forces de défense comme un corps d’élite, hiérarchisé et discipliné. Si ces forces de défense commencent à tomber dans les mêmes travers, sur qui allons-nous encore nous appuyer ? Il est donc temps que le Mindef, le Sed et le Dgsn reprennent en main leurs troupes avant qu’il ne soit trop tard. Le ver est dans le fruit et il convient donc de l’en extirper avant qu’il ne soit trop tard !

La société camerounaise est sens dessus, sens dessous et une introspection s’impose pendant qu’il est temps. Il est temps que la société retrouve ses repères et que les valeurs morales d’antan soient à nouveau les guides de la société, d’une société mieux organisée, hiérarchisée et disciplinée car la discipline est la force des armées. C’est cette même discipline et cette hiérarchisation de la société qui doivent bâtir les fondements d’un Cameroun émergent en l’an 2035. Retrouvons nos repères d’antan avant que les mœurs ne volent en éclats et que les repères indispensables ne disparaissent et cèdent la place au désordre et au chaos. Toute société a besoin de repères pour pouvoir servir de guide aux citoyens. L’intelligence d’un individu se limite à sa capacité d’adaptabilité. L’homme est sur terre pour s’adapter et non pour essayer de la changer. Sachons rester et demeurer à notre place. Ce n’est qu’à ce prix seulement que nous ferons évoluer positivement notre pays. Tout acte déviant nous conduira à la perte.