Où sont les experts de notre politique énergétique ?

Où sont les experts de notre politique énergétique ?

En attendant la production énergétique de Memve’ele, Lom pangar et Mekin dont l’inauguration est imminente, l’électricité continue à manquer au Cameroun. Le paradoxe est tel que même les plus belles explications techniques plient sous le coup des délestages.

On a pourtant livrer depuis deux mois une centrale thermique de 216 MW de puissance. Que se passe t-il au Cameroun pour qu’on en arrive à des explications hasardeuses comme la pénurie de carburant diesel dans les centrales du programme thermique d’urgence ? Quels sont les responsables de ce ?asco ? Pourtant, on pourrait compiler en un livre entier, les lignes des discours du Chef de l’Etat, Paul Biya sur la question de l’urgence de la mise en place de tous les moyens ?nanciers et techniques nécessaires pour la réduction du dé?cit chronique de la distribution de l’électricité au Cameroun. La situation est grave, mais on ne voit aucun responsable de haut niveau retrousser les manches, ils semblent tous tétanisés face aux retards d’exécution des grands ouvrages annoncés, ou murés dans un autisme complaisant. Ils sont des hauts responsables dans les ministères, présidents de Conseils d’Administrations, Directeurs Généraux en charge de la politique nationale de production et de distribution de l’électricité. Face aux perpétuels délestages, sont-ils encore crédibles comme responsables en charge de l’exécution des hautes instructions du Président de la République ? L’exigence de réussite sur un secteur aussi névralgique ne semble pas être leur boussole managériale. On dirait même qu’ils peinent à toucher du doigt l’ampleur de la répercussion nationale de la carence de l’énergie électrique. Les responsables de la politique énergétique nationale doivent intégrer une fois pour toute qu’ils portent sur les épaules une mission colossale. La réduction de la crise de l’énergie est non seulement un indicateur majeur de développement, mais plus rien n’est possible de faire sans énergie électrique en économie moderne ou en société civilisée. C’est juste l’alpha et l’oméga. Il est impensable pour un État de se passer de l’énergie sinon retourner à la préhistoire. L’insu?sance énergétique au Cameroun est une réalité qui déteint sur tous les secteurs, avec des conséquences sur l’équilibre des comptes publics. Les carences et l’irrégularité dans la mise à disposition de l’électricité constituent des facteurs qui plombent la croissance économique. En attendant les gros ouvrages dont le contrôle des calendriers d’exécution doivent être examinés avec une attention à la hauteur de la gravité de la situation, un travail actif doit être engagé pour l’examen d’une stratégie de diversi?cation des sources d’énergies. S’orienter vers les énergies alternatives ou renouvelables. Notamment le solaire, la cogénération par la biomasse dans le développement de l’électri?cation rurale qui pourrait se développer sur la base primordiale des énergies adossées sur d’autres sources. Régler les problèmes actuels de capacité de production d’électricité par une politique claire d’investissement et de libéralisation progressive et contrôlée de l’offre de production. Les grandes industries doivent prendre en charge directement leurs propres besoins par une production autonome d’énergie dont le surplus serait revendu à EDC. Les termes du contrat de concession et de licence entre l’Etat du Cameroun et AES Sonel doivent continuer à être renégociés, ce n’est plus un tabou. L’Etat a le devoir de garder une vigilance accrue sur la situation monopolistique du groupe concessionnaire et ses ?liales. Les consommateurs camerounais, eux, ont besoin d’une politique de prix sociaux garanti d’électricité domestique et du gaz butane qui sont désormais des biens de première nécessité. Nous avons perdu du temps en nous équipent en outils de production industrielle d’énergie électrique certes, mais il ne faudrait pas que notre rattrapage se fasse dans la précipitation et la multiplication de chantiers aux coûts astronomiques et incontrôlés. Les choix hasardeux sont de nouvelles garanties de perte de temps qui ne règle pas le problème de fond. Des fautes de gestion ont été commises. L’audit de tout ce qui s’est fait et défait dans ce secteur doit être mené et les responsabilités partagées sans complaisance. La demande d’énergie est un besoin incompressible qui ne saurait attendre ou dépendre de politiques électoralistes. On est ici dans un univers d’experts où les questions techniques et stratégiques à débattre se font sous l’éclairage d’une vision programmatique industrielle qui ne peut être qu’une affaire de hauts experts qui font autorité dans ce domaine éminemment scienti?que et économique.

Le contrat énergétique…

Les découvertes scienti?ques et techniques de la deuxième moitié du XIXe siècle sont pour le genre humain, l’inauguration d’une ère de progrès jamais égalée. La science va atteindre la plénitude de son expression à telle enseigne que FREUD dira qu’à cette heure de l’histoire « on ne pouvait trouver ailleurs ce que la science n’avait pas apporté ». PASTEUR proposera sa pénicilline pour vaincre les affections, les fonds marins n’auront plus de secrets, les peuples et les cultures distants seront rapprochés par les navires. C’est Henry FORD qui fut le premier à imaginer un moteur à propulsion lubri?ée par des huiles lourdes. Les annales de l’histoire lui attribuent la fabrication du premier moteur automobile. Nous préférerons lui reconnaitre la paternité du premier contrat énergétique de l’ère industrielle. Avec la découverte de FORD, les hommes ont mesuré, en termes de rentabilité et d’e?cience, l’écart qui distingue l’effort des bêtes de somme et la force d’une machine mise en branle par un combustible énergétique. Depuis deux siècles, l’intelligence humaine a perfectionné l’usage des moteurs et en a fait le levier incontournable de l’activité productrice ainsi que le garant du fonctionnement des machines qui sillonnent le monde et donnent de la célérité à la production, tous secteurs confondus. Le génie de l’exploration des con?ns de la nature par la diversi?cation des tâches de recherche est mis au service de la consommation et du guain. Ce qui justi?e le fait que diverses ressources énergétiques sont aujourd’hui au service du bien-être de l’homme. Certaines d’entre elles subissent la loi du marché (dans le rapport rareté/prix) et d’autres un tarissement naturel inquiétant.
Devenues indispensables et ?nalement conditionnement de vie dans nos sociétés actuelles, les énergies naturelles et arti?cielles ont graduellement imposé le pari de leur conservation. L’allusion de l’épuisement, dans un futur proche, des réserves pétrolières du monde inspire les scénaristes du septième art. Elle amuse moins les chercheurs. En effet, dans l’univers du cinéma à grand spectacle et de science ?ction, de nombreuses parutions sont restées marquantes s’inspirant de ce sujet. Elles évoquent la ?n de la civilisation technicienne et dépendante des énergies consommables. On pense à «MAD MAX» dans son monde sans carburant à vendre ou «WATERWORLD» etc.… Ces scenarios apocalyptiques commués en psychoses collectives justi?ent les théories du Peack Oil (pick Oil) ou pic pétrolier qui aujourd’hui de part le monde induisent la recherche d’énergies renouvelables. Naturelles, moins nocives pour l’écosystème, telles que les énergies éoliennes, photovoltaïques et hydroélectriques. Surtout tributaires de cette deuxième révolution industrielle, les pays émergent et ceux qui aspirent à l’être, devraient se réjouir d’être dépositaires de sources d’énergies naturelles et renouvelables. Apprendre à capitaliser les efforts, lorsqu’ils sont positivement entrepris, engagés pour les revaloriser. De lourds investissements sont actuellement consentis au Cameroun dans le secteur des énergies. Des fonds et emprunts mis au service de la marche de notre pays vers l’émergence. Nous devons participer à l’atteinte de conclusions heureuses dans ce contrat énergétique que nous signons avec l’avenir.