Éditorial du journal The Spark N°005 du 14/01/13

Éditorial du journal The Spark N°005 du 14/01/13

Le parlement a examiné et adopté en trente jours de session 7 grands projets dont :

-Le projet de loi portant loi de Finances de la République du Cameroun pour l’exercice 2013 ;
-Le projet de loi portant loi de Règlement de l’Exercice Budgétaire 2011 ;
– Le projet de loi portant rati?cation de l’ordonnance n°2012/001 du 28 Juin 2012, modi?ant et complétant certaines dispositions de la Loi du 14 décembre 2011 portant loi de Finances de la République du Cameroun.
S’agissant de la loi de Finances 2013 telle qu’elle a été amendée, adoptée, et promulguée elle s’établit en recettes et en dépenses à trois mille deux cent trente six (3.236) milliards de Francs CFA, contre deux mille huit cent (2.800) milliards en 2012, soit une augmentation de quatre cent trente six (436) milliards en valeur absolue et de 15, 6% en valeur relative. Conformément aux dispositions du nouveau régime ?nancier de l’Etat, la loi de Finances 2013 est le premier Budget Programme de l’histoire du Cameroun. Son examen aura constitué pour les parlementaires un travail de toute première responsabilité, car ils sont parvenus à force d’abnégation à doter le Cameroun d’un outil budgétaire moderne utile pour servir les engagements du Président de la République pour son projet politique du Cameroun Émergent. Le budget programme est un acte politique majeur validé par les parlementaires. Au delà des souhaits et des vœux pieux, il s’agit désormais pour les représentants de la nation d’agir, de telle sorte que les Programmes qu’ils ont validés soient e?ectivement mis en œuvre. Pour cela, il faut que les moyens y a?érents soient disponibles et qu’ils aillent à ce à quoi ils sont destinés. Les parlementaires, mieux que quiconque, savent quels sont les éternels ?éaux qui constituent des freins majeurs à la marche du Cameroun vers le progrès économique. Il s’agit de: l’incivisme la communauté internationale et les agences de notation soutiennent les progrès énormes qui ont été réalisés depuis une dizaine d’années. Les parlementaires en retournant dans leurs circonscriptions électorales, auront la responsabilité de porter le message du virage programmatique adopté par la nation. Il ne s’agit plus d’un problème qui ne concerne que le gouvernement et le Parlement. Ce que le Président BIYA demande à tous les gestionnaires de la richesse de l’Etat qui vient d’être budgétisée par programme glissant sur trois ans, c’est de passer d’une logique de moyens à la logique de résultats obtenus avec les moyens qui ont été budgétisés. Parlementaires et citoyens doivent désormais être les surveillants directs et indirects de la gestion des moyens que l’Etat met à la disposition des départements ministériels et des structures administratives décentralisées.
L’a?aire devient de plus en plus sérieuse et il est grand temps que le citoyen camerounais assume sa propre responsabilité civique. Lui qui s’abandonne trop facilement à l’idée qu’il s’agit là d’un sujet savant réservé aux dirigeants, élites politiques, parlementaires et responsables de l’exécutif. On ne peut pas se plaindre au quotidien de la mauvaise gestion de la chose publique et se croiser les bras en espérant que les choses vont s’améliorer par miracle. Il faut un sursaut national, une volonté collective de changer les mauvaises pratiques de gestion qui ne permettent pas au Cameroun de se hisser à la place qui devrait être la sienne. Il est dont urgent d’agir de manière préventive, arrêter, voir circonscrire les dérives de la corruption au quotidien, qui sont visibles sous nos yeux. Rien ne sert de s’émouvoir devant les arrestations spectaculaires des grands commis de l’Etat dont la gestion est mise en cause.
Le budget programme qui vient d’être adopté peut inquiéter le citoyen quand à l’amélioration des pratiques administratives gouvernementales. Le Président de la République a dû faire preuve de mansuétude lors du dernier conseil ministériel en examinant le niveau d’exécution des feuilles de routes ministérielles puisque leurs ?nalités étaient, pour chaque département ministériel, de traduire en actes concrets, les promesses de son projet politique, à savoir l’amélioration signi?cative de la vie des Camerounais. Il faudra à chaque gestionnaire de fonds publiques non seulement exécuter ce qui a été programmé, mais de le faire avec succès. C’est-à-dire avec une bonne a?ectation des ressources dans les projets arrêtés.Les dés sont jetés…Dans les jeux qui valident les gains par l’observation du positionnement des dés, un certain ordonnancement est requis. La partie n’est irréversiblement engagée que lorsque les dés sont jetés. Généralement, les régisseurs de la roulette (une autre variante de ces attractions ludiques à chi?res) ne lance une boule dans la cuvette tournante pour qu’elle se ?xe sur un numéro gagnant qu’après avoir enregistré les mises des parieurs. Lorsque toutes les conditions sont requises, les conducteurs du challenge ont l’habitude de dire : les jeux sont faits, rien ne va plus !
C’est-à-dire les spéculations ont cessé ! Place maintenant à l’attente d’un gagnant. Notre pays est actuellement, comme dans cette phase ?nale de jeu, dans l’expectative du gain. Le pari-Cameroun a intéressé nos partenaires multilatéraux et bilatéraux, ils ont mis à notre disposition leurs crédits, les chantiers ont été lancés. Nous attendons la moisson. Dans le cadre de la gestion stratégique de son développement à moyen terme, le Gouvernement avec le concours de ses partenaires divers, a élaboré depuis 2009 un document de vision du Cameroun a l’horizon 2035. La vision 2035 vise à faire du Cameroun un pays émergent. Pour opérationnaliser cette vision, le Gouvernement a adopté un document de Stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE) qui dé?nit le cadre de référence de l’action gouvernementale et de ses partenaires Techniques et Financiers (PTF) pour la période 2010-2020. Pour accepter d’investir au Cameroun, nos partenaires ont exigé entre autres, une refonte de notre système de gestion du trésor public. En réponse à ces exigences nos gouvernants, sur haute instruction du Chef de l’Etat, ont mis en place le (SGIA) entendons, Système de Gestion de l’Information sur l’Aide puis le Développement Assistance Data base (DAD). Ces verrous de sécurités garantissant une bonne gestion des aides et fonds d’investissements publics ont permis à notre pays de béné?cier d’une énorme mobilisation de capitaux aujourd’hui mis aux services de nos grands chantiers de développement.
Les partenaires qui ont misés sur le Cameroun: 
Les principaux partenaires multilatéraux intervenant au Cameroun sont :
Le Fonds Monétaires International (FMI),
Le Groupe de la Banque Mondiale (WB), L’Union Européenne (UE), Le Fonds Saoudien de Développement (FSD), La Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique (B A D E A), la Banque Européenne d’Investissement (B E I).Le Fonds d’Abu Dhabi, Le Fonds de l’OPEP pour le Développement International (OFIP).
Le Fonds International pour le Développement Agricole (FIDA), Le Fonds Koweitien pour le Développement Economique Arabe (FKDEA), Le Groupe de Banque Africaine de Développement (AFDB), Les Nations Unis (NU),

Les partenaires bilatéraux
Au Cameroun, du fait des évolutions historiques liées à la crise de l’endettement, les partenaires bilatéraux sont constitués en trois groupes. (a) les bilatéraux Club de Paris, (b) les bilatéraux non Club de Paris et
(c) les commerciaux.
a) Le Club de Paris
L’Allemagne, la Belgique, Le Canada, l’Espagne, la France, l’Italie, le Japon, les Pays-Bas, le Royaume Uni, la Suisse, les USA.
b) Non Club Paris
L’Arabie Saoudite, le Brésil, la Chine, la Corée du Sud, l’Inde, le Koweït, la Turquie.
c) Les commerciaux
La BTP Banque et la non Commercial Bank.

Les fonds investis au Cameroun depuis trois ans
Nous parlerons surtout à titre indicatif des fonds chinois, de ceux des Banques Islamiques et de la Banque Mondiale. En mars 2010, la Chine s’est engagée à travers la signature d’un mémorandum d’entente avec le gouvernement camerounais à appuyer ce dernier dans la réalisation de grands projets. A ce jour, les contributions ?nancières octroyées par la chine sous forme de prêts se chi?rent à environ 800 milliards de francs CFA (source MINEPAT). Près de 170 000 000 de dollars ont été octroyés au Cameroun sous forme de prêts par la Banque Islamique de Développement (BID), la Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique(BDAE) et le Fond de l’OPEP pour le développement International. La stratégie d’intervention du Groupe de la Banque Mondiale adoptée en 2010 pour la période 2010-2014 axe les interventions du Groupe dans les projets publics sur trois piliers. Il s’agit principalement des infrastructures, de la compétitivité de l’économie et de la gouvernance pour un ?nancement de prêt de 420 million USD en quatre ans, soit environ 210 milliards de FCFA. En l’état actuel de la coopération entre le Cameroun et la Banque Mondiale, le porte-feuille des projets/programmes publics est porté à près de 400 milliards de FCFA.
Le gouvernement camerounais a rassuré ses partenaires et investisseurs. Les grands axes des politiques d’investissements ont été dé?nis par le Chef de l’Etat. Les chantiers sont mis en branle : Les dés sont jetés !
«les jeux sont faits, rien ne va plus nous arrêter».