Ecoles normales supérieures :Controverse autour de l’intégration des diplômés

Le recrutement à la Fonction publique de près de 12.000 pensionnaires chaque année devient un boulet pour l’Etat.
A peine publiée à la Une du quotidien « Emérgence », l’information fait déjà des vagues. L’intégration des diplômés des Ecoles normales de Yaoundé I, Maroua, etc. à la Fonction publique semble compromise. Au ministère de l’Enseignement supérieur (Minesup), tutelle académique des six écoles normales que compte le pays, le discours se veut pourtant rassurant. «Il n’est nullement question de ne plus intégrer les produits sortis des écoles normales du Cameroun. C’est une décision qui ne peut émaner que du chef de l’Etat. A notre avis, un tel décret, jusqu’à l’heure actuelle, n’a pas encore été rendu public», explique sereinement un responsable du Minesup, réputé très proche de Jacques Fame Ndongo.

Pourtant, dans une note du ministre des Finances (Minfi) datant du mois de juin 2013 adressée au Premier ministre, il est écrit que l’Etat ne peut pas continuer à prendre en solde chaque année, 12.000 fonctionnaires issus des grandes écoles, dont les écoles normales. La recommandation est des bailleurs de fonds du Cameroun, qui estiment qu’à la longue, la masse salariale deviendra insupportable. Ceci, en faisant un ratio entre les recrutements, les départs à la retraite et les décès des fonctionnaires et agents de l’Etat. Les écoles normales, qui comptent parmi les principales pourvoyeuses de fonctionnaires, se retrouvent ainsi indexées directement dans cette correspondance.

Une source dans les services du Premier ministre révèle que cette note n’a pas eu de suite favorable en 2013, du fait de l’organisation des élections cette année-là. Notre source continue en déclarant qu’«une petite curiosité de votre part vous aurait fait remarquer que tous les avis de concours lancés depuis lors sont accompagnés du visa du Pm». Ce qui est encore le cas cette année. Et au total, en 2015, seulement 2300 places sont à pourvoir dans les six écoles normales que compte le Cameroun, toutes filières et tous cycles confondus.

Les intégrations des enseignants du secondaire général et technique sont encore hypothétiques, au moment où l’on ne cesse de décrier l’insuffisance des enseignants au Cameroun. Un pays dans lequel, à chaque rentrée scolaire, on assiste à la création de nouveaux établissements scolaires publics. L’intégration tient donc encore du fait que le Pm a décidé de surseoir à la recommandation du Minfi et des bailleurs de fonds, mais tel que l’explique une source introduite, «ce n’est qu’une histoire de temps, parce que la réalité économique à venir risque bon an mal an de nous y amener».