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EBOLA : Psychose dans le sud-Cameroun.

EBOLA : Psychose dans le sud-Cameroun.

Six Camerounais de retour de la province de l’Equateur, épicentre de la maladie en RDC, sèment la crainte parmi la population.

Jusqu’ici, le Cameroun fait partie des pays épargnés par la fièvre hémorragique Ebola, aucun cas n’y ayant encore été déclaré par les autorités sanitaires. Toutefois ce n’est pas la grande sérénité au sein de la population, notamment dans le sud du pays. En effet, depuis le 28 septembre dernier, six Camerounais (dont nous tairons les noms) ayant séjourné dans la province de l’Equateur, épicentre de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo sont de retour au pays et plus précisément dans les plantations d’hévéa à une cinquantaine de kilomètres à l’est de la ville de Kribi.

Ce sont des employés de l’agro-industrie Hevecam S.A qui possède une concession et de nombreux camps d’habitation dans la localité de Nyété, département de l’océan. Près de 30 000 âmes y vivent et la promiscuité y est très accentuée. Des ouvriers et cadres de RDC ont travaillé dans la localité de Boéndé ou les propriétaires de Hevecam S.A possèdent également des  plantations d’hévéa.

Depuis leur retour à Nyété, certains ouvriers ont perdu le sommeil et sont très inquiets. N. Waffo, qui exerce dans les champs du village 13, croit que « l’on ne devait pas les ramener ici comme ça. Ils ont quand même été là où plusieurs cas de cette maladie ont été déclarés. Il y’a même eu des morts. On devrait les faire séjourner dans un centre hospitalier de référence tout d’abord parce qu’on ne sait jamais ». Originaire de la région de l’Ouest, il craint pour sa famille et avoue être prêt à lever l’ancre au cas où.

Des sources proches du district de santé de Kribi confient sous le sceau de l’anonymat ne pas être jusqu’iciau courant de l’état de santé de ces personnes, encore moins du lieu et de l’endroit où elles se trouveraient. « Nous avons essayé de joindre les responsables d’Hevecam pour savoir quel est l’état de santé des employés qui reviennent du Congo mais on n’a pas vraiment eu des explications claires », affirme notre source.

La responsable de la communication de Hevecam S.A, Adélaïde Ambassa, jointe au téléphone, a avoué ne pas détenir des informations de ce genre. Pourtant, le 02 octobre dernier, le ministre de la santé publique, André Mama Fouda, a été annoncé sur les lieux. Aux dernières nouvelles, cette visite aurait été renvoyée aux calendes grecques. Entretemps, dans les confins de la forêt équatoriale où gibiers et personnes se côtoient tous les jours, les uns et les autres ont besoin d’être rassurés en attendant l’élaboration d’un vaccin contre la fièvre hémorragique Ébola.

Ebola. Rien que la simple évocation de ce nom sur la place publique suscite des regards indiscrets qui vous dévisagent comme s’ils voyaient apparaitre en vous le diable en personne. Normal, aucune maladie n’aura décimée autant de personnes en si peu de temps ces dernières années en Afrique. Depuis son apparition au mois de mai dernier en Afrique de l’Ouest, l’épidémie a causé la mort d’un peu plus de 3000 personnes.

Le Libéria paye le plus lourd tribut avec 1998 décès déjà enregistrés sur 3696 cas déclarés, selon les chiffres de l’OMS au 28 septembre 2014. La dernière actualité fait état de 5 cas par jour en Sierra Léone, où la situation continue de se détériorer.

 

 

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