Ebola : le Cameroun choisi parmi 5 pays africains pour des tests d’un candidat vaccin sur la population

YAOUNDE, (Xinhua) — Avec le Mali, le Sénégal, le Nigeria et le Ghana, le Cameroun, bien qu’épargné par la grave épidémie qui décime des populations africaines depuis 2013, fait partie d’une liste de cinq pays africains choisis pour des tests d’un candidat vaccin contre la maladie à virus Ebola, a annoncé vendredi à Yaoundé le ministre de la Santé publique, André Mama Fouda.

 

Produit des laboratoires GlaxoSmithKline, l’essai vaccinal dénommé ChAd3-EBO-Z, crédité de résultats expérimentaux à succès sur des macaques, a été testé pour la première fois sur l’homme en Afrique, sans produire d’effet secondaire notable, au Mali, après la Suisse et les Etats-Unis, sous la supervision de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

C’est un travail de recherche mené suite à l’épidémie d’Ebola qui a surgi il y a deux ans en Sierra Leone, au Liberia et en Guinée-Conakry, avant de s’étendre au Nigeria et à un spectre très réduit au Mali puis au Sénégal, causant 11.296 morts sur 28.324 cas déclarés, selon les récentes estimations publiées fin septembre.

Non encore jugulée, cette épidémie, très tôt déclarée urgence sanitaire d’envergure internationale par l’OMS, a provoqué la panique dans le reste du continent africain et entraîné la fermeture de frontières, terrestres ou aériennes, avec les trois pays les plus touchés, lesquels ont en conséquence pâti d’un effondrement de leurs économies nationales.

Le Mali, le Sénégal, le Nigeria, le Ghana et le Cameroun ont été choisis pour les essais de phase 2. Un échantillon de 3.000 personnes dites volontaires est visé, pour l’administration par voie intramusculaire, précisément dans le muscle deltoïde du bras gauche, d’une dose unique du vaccin expérimental.

D’après les explications, la moitié de ces sujets recevra le vaccin au premier jour, alors que l’autre moitié recevra un placébo avant de subir une injection de vaccin six mois plus tard. La durée de l’étude est de dix-huit mois et il est prévu que les sujets sains de 18 ans et plus seront inclus après consentement éclairé.

Pour le ministre de la Santé publique, “la décision de conduire l’essai au Cameroun a été prise, car, la population sera différente de la population incluse dans les études de phase 1 et pour garantir une population d’étude se rapprochant le plus possible de la population globale) ciblée pour un vaccin éventuel de protection contre la maladie à virus Ebola en Afrique centrale”.

“Par ailleurs, a-t-i ajouté, le Cameroun est, parmi les pays choisis, celui qui est le plus proche des pays ayant connu des épidémies en Afrique centrale (allusion à la République démocratique du Congo)”.

De cette expérience, le pays attend surtout de pouvoir participer à de futurs essais vaccinaux en préparation, dans le cadre du paludisme et de la tuberculose. Deux centres d’essais cliniques de dimension internationale seront créés dans deux sites distincts : le Centre Pasteur du Cameroun, à Yaoundé, et l’hôpital régional de Bamenda (Nord-ouest), à raison de 200 sujets par site.