Dur, dur, la reprise

Habitués au sommeil pendant les vacances, les élèves ont du mal à se lever tôt ou encore à lire leurs cours en ces premiers jours de classe.

« Maman, j’ai encore sommeil, je veux dormir. S’il te plaît, « ma’a » laisse-moi encore me coucher même pour une minute », ne cesse de supplier la petite Nicole Daniela Ndem, âgée de cinq ans, élève à la Sil B, section anglophone dans un établissement à Yaoundé. C’est aussi la même réaction pour le petit  Ryan Zanga, âgé de trois ans qui a pris pour la première fois le chemin de l’école lundi dernier. Tous les matins, les mamans font appel à leur ingéniosité pour que le réveil de leur progéniture ne soit pas un calvaire. « Depuis la rentrée, l’heure de réveil a changé et est passé notamment à 5 h 30. Ceci parce qu’il faut les préparer en les câlinant. La veille, par exemple, je m’assure que j’ai acheté les petits biscuits qu’ils aiment. Bref, je m’arrange à trouver quelque chose de drôle pour qu’ils soient d’aplomb », explique Francine Kemgo, cadre dans une entreprise. « C’est difficile et ça fait pitié mais, je suis obligée de lui dire combien c’est important d’arriver à l’heure à l’école  et que pour devenir un bon médecin comme elle le souhaite, il faut se lever tôt pour soigner les malades », raconte une autre maman. C’est qu’en cette période de classe, la machine corporelle a du mal à s’adapter brusquement au réveil matinal chez les élèves tant de la maternelle, du primaire que du secondaire.

Chez les élèves du secondaire, la même équation n’est pas facile à résoudre surtout pour ceux qui vivent à l’internat. « Il faut se lever à 5h pour se laver à l’eau froide en cette saison pluvieuse. Pourtant, il faut le faire et s’apprêter pour être à l’heure à la messe de 6h et puis réviser les leçons avant le début des cours proprement dit à 7h30 », confie Rodrigue Ngazoa, élève en classe de Première au séminaire Sainte Thérèse de Mvolyé. « Pendant les vacances, je regardais les émissions télévisées jusqu’à 1 h du matin pour me réveiller à 10 h le lendemain. Je n’avais aucune pression. Avec la rentrée, je suis obligé d’être debout au moment où le sommeil est bon. Je crois que je vais finir par m’adapter comme chaque année », conclut un autre élève.

Pour les révisions à la maison aussi, la mayonnaise tarde à prendre. Certains ont du mal à s’adapter. Conséquences, les cours s’accumulent. « Quand ils rentrent des cours, ils s’oublient à regarder la télé. Je suis obligée de les rappeler tout le temps à l’ordre pour éviter l’échec parce que bientôt ils vont composer les premières séquences », relève Marie Kenfack, mère de famille. Aux parents, les enseignants prescrivent la vigilance et la fermeté.