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Thèse du complot nordiste : De l’Appel de Yaoundé à l’Appel de la Lékié

Thèse du complot nordiste : De l’Appel de Yaoundé à l’Appel de la Lékié

Des élites de la région du Centre publiaient il y a six ans déjà, une motion tout aussi incendiaire.

« Est-ce que tu as lu l’édition de Cameroon Tribune de ce matin (Ndlr : 03 mars) ? « . Au bout du fil, l’honorable Mohamadou Ahidjo paraît visiblement gêné.

« Lis la déclaration des forces vives du Mfoundi à la page 07 – que nous publions ci-dessous en intégralité – . Nous sommes désormais tous en insécurité dans cette ville« , renchérit le Pr Jean Pahaï.

Quelques heures plus tard, des concertations ont été engagées au sein de l’élite du Grand Nord à Yaoundé et une rencontre était prévue pour le 07 mars prochain en vue d’arrêter une position. « Nous entendons interpeller officiellement le chef de l’Etat « , laisse entendre une importante personnalité. « Il faut prendre date avec l’histoire parce que la nuit des longs couteaux n’est plus loin. Un jour, on viendra vous assassiner chez vous au prétexte que si des jeunes vandales étaient vêtus de gandoura, c’est bien la preuve que des nordistes soutiennent leurs actions », souligne pour sa part Saïdou Maïdadi.

Côté Rdpc, cette surenchère verbale des fils et filles du Mfoundi inquiète également des dignitaires nordistes. « Nous mêmes sommes un peu à l’origine de cette situation. Les nordistes ne se sont pas mêlés aux récentes manifestations et ils seraient sages que nous continuons de rester en dehors. Lors de la rencontre chez Cavaye, un ministre a suggéré de mobiliser les jeunes nordistes à Douala et à Yaoundé. Pour quoi faire ? Et pour les mettre à la disposition de qui ? Quand nos frères et soeurs ont des problèmes dans ces villes, on ne les voit jamais ces ministres, mais maintenant ils veulent créer des milices », condamne un député Rdpc.

Un autre paraît plus inquiet. « On ne sait pas ce qui va se passer quand il s’agira de modifier effectivement la Constitution. Des noms de députés taxés d’être contre la modification circulent déjà sous les manteaux, et si des troubles ont lieu à l’occasion, comment croire qu’il n’y aura pas de règlements de comptes ciblés », s’inquiète un député Rdpc du Nord.

Malgré les excuses plates d’un des signataires, notamment Tsimi Evouna, – délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé – cet amalgame, à l’heure de l’appel à l’apaisement est inquiétant. Plus grave, la déclaration des forces vives du Mfoundi dans un média public intervient après le rappel à l’ordre du ministre de la Communication aux journalistes, les invitant à ne pas jeter de l’huile sur le feu. « C’est facile de faire une déclaration et de s’excuser par la suite. Le message est passé, il suffit simplement de suivre certaines émissions radiophoniques en langues locales pour s’en convaincre. Cette déclaration du Mfoundi est la preuve qu’il y a des citoyens dans ce pays qui ont un plan B contre la démocratie », analyse un député du Nord.

Déclaration des forces vives du Mfoundi

Nous, fils, filles élites, notables, chefs traditionnels et forces vives du Mfoundi, toutes catégories et positions sociales, toutes chapelles politiques et toutes confessions religieuses confondues, réunies à la permanence RDPC de Yaoundé IIIe, le vendredi 29 février2008 :

  • Après une analyse en profondeur des graves événements survenus dans notre pays depuis le dimanche 24 février 2008 ;
  • Ayant suivi avec une attention soutenue la déclaration forte du chef de l’Etat à la nation, le 27 février2008 au soir ;
  • Remercions les populations du Mfoundi pour leur comportement digne et responsable;
  • Rappelons la phrase désormais célèbre  » Quand Yaoundé respire, le Cameroun vit  » prononcée par le président de la République Paul Biya lui-même en des circonstances à peu près semblables ; Rendons publique la déclaration qui suit :
    • Yaoundé, siège des institutions nationales, a une tradition séculaire d’hospitalité et de bienveillance à l’égard de tous ceux qui y vivent, résidents comme hôtes de passage. Ce qui leur permet d’y vivre et d’y mener leurs activités en toute liberté et dans une totale sécurité ;
    •  Tout aussi traditionnellement Yaoundé et ses populations sont d’une loyauté sans faille envers les autorités publiques. Spécialement quand celles-ci exercent le pouvoir en vertu d’un choix libre et démocratique comme cela est incontestablement le cas du président Paul Biya. Dès lors, nous ne pouvons qu’approuver, sans  réserve, la fermeté du ton et la vigueur des termes avec lesquels le président de la République, SE. Paul Biya, a fustigé la duplicité et l’absence de scrupule des manipulateurs de l’ombre, qui ont délibérément envoyé à la mort des enfants innocents. Les enfants des autres, et non les leurs bien entendu.
    •  Nous présentons nos condoléances émues aux familles ainsi frappées par un deuil absurde et injustifié. o Nous nous dressons avec détermination contre les fauteurs de troubles, et les auteurs de toutes formes d’agression contre les personnes et les biens dans notre cité, que nous refusons de voir transformer en terrain d’exercice des activités criminelles des marchands d’illusion.
    •  A la suite du chef de l’Etat, nous avertissons clairement et fermement tous ceux qui seraient tentés de rééditer chez nous les actes de vandalisme perpétrés autours de la semaine qui s’achève, qu’il est temps de changer leurs projets. La coupe des méfaits étant plus que pleine ! Halte dono aux manoeuvres de l’ombre ! Le désordre ne passera point par le Mfoundi, d’où qu’il vienne. Nous lui barrerons la voie sans hésitation, et par tous les moyens, ainsi que l’ont su faire nos pères, en des circonstances identiques.
    • Qu’il soit donc entendu que désormais, nous répondons aux coups par coups. A partir de maintenant, oeil pour oeil, dent pour dent ;
    •  Nous n’accepterons plus jamais la contrainte de marche à pied, nous et nos enfants, alors que nous avons consenti des sacrifices souvent considérables pour acquérir les moyens de nous déplacer dans un confort relatif.
    • Nous refusons d’avoir faim et soif, parce que nos marchés sont privés d’approvisionnement, et nos soeurs paysannes du fruit de leur labeur, faute de possibilités d’évacuation, ou par crainte des pilleurs de leurs étals.
    •  Nous n’accepteront plus jamais de voir se dégrader nos rues bitumées au prix de lourdes dépenses supportées par la communauté nationale ;
    •  En outre, nous invitons fermement tous les prédateurs venus d’ailleurs, de quitter rapidement et définitivement notre sol. Car ils n’y seront plus jamais en sécurité. Qu’ils disent à leurs commettants que les forces vives du Mfoundi ont de nouveau revêtu la tenue de combat de leurs ancêtres. Lesquels Ont longtemps résisté à la pénétration européenne.
    •  Nous exhortons nos familles à demeurer vigilantes pour prévenir toutes manifestations éventuelles tendant à ébranler la paix et la stabilité au siège des institutions.
    •  Enfin, nous disons et nous proclamons que la volonté des forces vives en colère, Yaoundé va respirer, plus que jamais, à pleins poumons. Et le Cameroun vivra, sous la conduite courageuse et clairvoyante du président Paul Biya.
    • Président Paul Biya, le Mfoundi vous soutient d’une manière indéfectible et n’a qu’une seule parole. « 

Fait à Yaoundé, 29 février 2008

Une trentaine de  signataires dont :

  1. André Mama Fouda, Zé Boniface,
  2. Charles Etoundi, Messi Atangana, Olinga
  3. Ondoua Jean Paul, Tsimi Evouna Gilbert,
  4. Rose Zang Nguélé, Cécile Bomba Nkolo,
  5. Martin Okouda, Onambele Zibi, Belibi
  6. Onana François, Eyebe Locas Emanbo,
  7. Mare Aurèle Mfounkou, Oloa Zambo
  8. Anicet, Ottou Jeanne, Mbongo Anastasie,
  9. Okeng Sylvie, Fouda Marie Madeleine,
  10. Essomba Beaufort.

 

 

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