DSX : la place attend des conquérants

La bourse de Douala fonctionne mais projette de mieux faire au regard des résultats et du potentiel économique régional.

Logée dans l’aile d’un immeuble à Akwa, au quartier des affaires, la Douala Stock Exchange (DSX) est discrète, sa salle des marchés calme, son personnel affable pour qui veut découvrir l’univers de la bourse. Même si elle se trouve sur un marché financier national en régénérescence après la période d’assainissement subséquente à la crise économique. La bourse de Douala a effectivement ouvert ses portes en 2003 et depuis lors, une dizaine d’organismes privés et publics nationaux et étrangers sont cotés sur cette place que le public de connaisseurs ne découvre plus.

La Douala Stock Exchange fonctionne, en effet, via un marché où les cotations se font trois fois par semaine depuis février 2011, suivant la méthode du « fixing ». Pour le commun des mortels, cela peut s’entendre comme un type de cotation qui s’oppose à la cotation en continu et sert ainsi le traitement de valeurs de liquidité moindre. Si les volumes ne sont donc pas encore très importants, c’est peut-être que les potentiels utilisateurs de la DSX ne sont pas encore bien informés.

Dans le bilan 2014 de l’entreprise,  Bénédict Belibi, président de son conseil d’administration, relève qu’elle veut « inscrire l’investissement en bourse dans les habitudes des épargnants et d’ancrer le financement boursier dans la culture managériale des entreprises exerçant au Cameroun ». Avec cet outil participant à la bonne gouvernance publique et privée dès lors qu’elle appelle la transparence dans la gestion, la DSX attend autant les Etats que les bailleurs de fonds, les collectivités locales, les entreprises publiques et privées.

Si les sociétés cotées ne sont pas légion, celles qui le sont se distinguent clairement par leur performance. Depuis son entrée en bourse au cours de l’année 2006, l’évolution du cours de la Société des eaux minérales du Cameroun tend à la hausse et l’entreprise distribue des dividendes. La Société africaine forestière et agricole du Cameroun y a trouvé, en arrivant sur la place en juin 2008, des acheteurs pour les 82.000 actions dont se séparait un de ses actionnaires. A la dernière évaluation, elle présente des ratios de rentabilité de fonds propres estimés à 12% et de 1,04% de distribution de dividendes.  De quoi inciter les autres opérateurs économiques, notamment les Pme dont la venue est souhaitée par la direction, à s’intéresser à ce moyen de financement.