Droits des consommateurs:Delor Magellan dévoile l’esbroufe D’issa Tchiroma

Suite à l’avortement du basculement de la télévision numérique terrestre par le Cameroun, le Président de la Ligue Camerounaise des Consommateurs a tenu à préciser que plusieurs actions seront menées à l’esplanade du Ministère de la Communication.

Le Président de la ligue Camerounaise des Consommateurs qui entame ainsi un nouveau bras de fer avec l’Etat et ses principaux artifices précisera que notre pays fait ainsi face depuis de mois à l’esbroufe incessant de ceux-là qui sont sensés défendre les intérêts de la république et des Camerounais. Si depuis des mois, des batailles gagnées sont à mettre à son actif au niveau national tel que l’arrêt des délestages, la non augmentation du prix de l’eau et du pain, etc. il est à noter que la LCC compte surtout sur la conscience des Camerounais qui semblent être devenu dépité et déçu. Par quoi ou par qui ? Un système méprisant de prébendiers qui n’ont aucun honneur et aucun sens du patriotisme. Comment donc comprendre qu’après des annonces fanfaronnes et des réunions qui font saigner le contribuable camerounais, le passage à la TNT à foirer ? A ce titre Delor donne des précisions importantes.

« C’est le 16 juin 2006, lors de la conférence régionale de radiocommunications de Genève, qu’une Résolution indique que la nouvelle norme fera officiellement son entrée en Afrique le 17 Juin 2015, en application de l’accord dénommé GE06, approuvé par 193 pays membres de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), fin de s’aligner aux standards internationaux, en faisant basculer au numérique tous les systèmes de radiodiffusion.

Ce mode de diffusion consiste à numériser les signaux vidéo et audio et les transmettre par voie hertzienne et se matérialisera par l’extinction du signal analogique.

Certes aucune mesure coercitive ne peut être prise à l‘encontre d’un pays réfractaire aux changements, car il ne s’agit que d’une recommandation, mais comme toutes les normes, l’adhésion à une organisation internationale, contraint les pays signataires, au risque de s’isoler.

La modification des normes devient alors un piège, une manière insidieuse de précipiter le pays dans la mondialisation.

Télévision Numérique Terrestre, fondée sur la diffusion des signaux numériques par un réseau de réemetteur hertziens terrestres, s’avère une rupture technologique qui engendrera un coût supplémentaire pour le renouvellement du parc téléviseur

Cette transition ou basculement, assurera une meilleure qualité d’image (HD) et un meilleur son ; la multiplication de chaines de télévision, tout en utilisant moins de fréquences. 5 ou 6 chaines, peuvent passer sur une seule fréquence là où l’analogique ne permettra qu’une seule

Il faudra cependant installer un décodeur, ou adaptateur numérique TNT appelé MPEG 4

Cette migration a été amorcée dans les pays industrialisés au début des années 2000.

La Tanzanie, l’Ile Maurice, Rwanda et le Malawi sont les 5 pays sur 54 en Afrique déjà passés au numérique

En France et ailleurs en Afrique, les institutions ont mis la main à la poche pour donner un coup de pouce aux citoyens de ces pays.

Il y a eu la mise en place d’un réseau de distributeurs agrées au rwanda, passé au numérique depuis le 1 er Août 2014, pour éviter la prolifération des dispositifs contrefaits vendus moins chers que les boitiers recommandés

AU Cameroun, c’est lors d’une conférence de presse, le 22 Octobre 2014, Issa TCHIROMA BAKARY, Ministre de la communication et vice Président de CAM-DTV, affirmait avec emphase que :

« Le Cameroun sera à la hauteur de ses responsabilités, la problématique de la migration de la radiodiffusion de l’analogique au numérique est liée au contexte dans lequel s’inscritl’objectif de la migration »

Le 12 Juin dernier, il affirme « ce défi, nous allons le relever. Au plus tard au début du mois de juillet, Yaoundé et à Douala seront numérisées. Nous sommes en pourparlers avec notre partenaire, la CRTV, pour la mise à la disposition des décodeurs à des prix accessibles à tous.

Un Comité national de supervision de la migration de la radiodiffusion analogique au numérique, (CAM DTV), est pourtant sorti des fonds baptismaux depuis 2009, présidé par le ministre SG PM, Louis Paul MOTAZE. Au cours d’une réunion restreinte le 21 Novembre 2013, selon le journal Repères, il a dénoncé le recrutement tardif du partenaire stratégique chargé de l’implantation des infrastructures numériques. Notamment les difficultés du Comité à obtenir les moyens inscrits dans son budget.

A en croire, son collaborateur, François Wakata, coordonnateur de l’unité technique opérationnelle dudit Comité, celui-ci a fait face à de nombreuses difficultés, liées à l’absence des moyens de fonctionnement, avec pour conséquence, le recrutement tardif des cabinets conseils, qui doivent accompagner ce processus. Il décrit l’année 2013, dans Repères, comme une année vierge, en termes d’activités

Au cours de la deuxième session de CAM-DTV le 27 Janvier 2014, Louis Paul Motaze, a quant à lui répercuté la colère du PM, à ses collaborateurs, parmi lesquels les ministres de la communication, des postes et des télécommunications et le DG de la CRTV, membres de ce Comité.

« Le PM déplore ce qu’il considère comme un manque d’engagement de la part de certaines administrations qui, loin de jouer le rôle de facilitation attendu d’elles, endossent plutôt celui de censeur, retardant inutilement l’accomplissement des missions placées auprès de lui. Alors que chacun doit en œuvre les actions retenues pour figurer dans sa feuille de route ».

17 chaines de télévision et environ 500 entreprises de télédistribution, sont en fonctionnement au Cameroun selon le fameux Conseil National de la Communication, CNC.

Depuis le 17 Juin dernier, elles devaient fonctionner en mode numérique. Mais comme à son habitude, le gouvernement à manquer à l’appel.

Curieusement, au lieu de s’excuser et de prendre le taureau par les cornes, le gouvernement s’illustre dans la démagogie.

Car comment comprendre qu’on nous annonce le rattrapage dans exactement huit jours. Début juillet. Alors que le matériel nécessaire est encore bloqué au port. Il en sortira quand et sera installé quand ?

Sur le plan de l’information et la sensibilisation, les camerounais ne sont pas prêts pour cette révolution qui engendre quand même une grande mutation dans le monde audiovisuel

Il n y a pas eu de vraie campagne de sensibilisation pour préparer les usagers. Une prétendue campagne de sensibilisation a été menée du 22 octobre au 10 décembre 2014, même pas sur une durée fin mois. Il s’agissait en réalité des réunions, dans les chefs lieu des 10 régions, regroupant surtout des fonctionnaires triés sur le volet où avaient lieu des « présentations et échanges avec les acteurs ciblés »

Le résultat du sondage effectué ce week-end auprès des consommateurs camerounais est sans appel. La majorité des sondés ne sont même pas au courant dece basculement annoncé.

Ceux qui sont informés s’interrogent sur l’opportunité de cette transition, les marques de téléviseurs concernés, les lieux de vente de décodeurs, leurs prix, la vraie date de démarrage de cette transition.

La LCC, au vu de ce qui précède demande au gouvernement de cesser ses atermoiements et son dilatoire, de préciser une date raisonnable ; de mener une vraie campagne de sensibilisation populaire ; de supprimer la TVA et droits de douane sur le décodeur et le faire vendre à 3 000 F CFA ; élaborer une norme y relative ; agréer les points de vente de décodeurs, pour éviter la contrefaçon. Une correspondance a été déposée au Mincom dans ce sens aujourd’hui (hier ndrl). »