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Droits d'auteurs: Les jokers d’Ama Tutu Muna prennent du service – Ekambi Brillant et André Marie Tala sortent de leur réserve

Droits d’auteurs: Les jokers d’Ama Tutu Muna prennent du service – Ekambi Brillant et André Marie Tala sortent de leur réserve

Une fois installés par la ministre des Arts et de la culture (Minac), les responsables désignés à la tête des deux comités en charge : du redressement de l’organisme de gestion collective du droit d’auteur de la catégorie B ; de la normalisation de la gestion collective du droit d’auteur et des droits voisins du droit d’auteur au Cameroun, se sont mis à l’œuvre.

 

Une fois installés par la ministre des Arts et de la culture (Minac), les responsables désignés à la tête des deux comités en charge : du redressement de l’organisme de gestion collective du droit d’auteur de la catégorie B ; de la normalisation de la gestion collective du droit d’auteur et des droits voisins du droit d’auteur au Cameroun, se sont mis à l’œuvre.

Il est un peu plus de 11 heures 30 minutes, hier, lorsque, de grosses pointures des arts vivants de la scène, commencent à faire leur entrée dans une des salles du ministère des Arts et de la culture: Sissi Dipoko, Ekambi Brillant, Jeannot Talla, Keng Godfroy, Ekwè Silo, Moïse Kouougueng, Alain Noumssi (Mc Pop), Henri Njoh, Beko Sadey, André Marie Talla, Dina Bell, Esso Essomba, Daouda Mouchangou, François Bingono, Elise Mballa, Ondigui Onana, Achille Mbanga, Joe Mboule… Ils sont pour la majorité, partis de la ville de Douala, pour assister à la cérémonie d’installation des responsables récemment désignés à la tête des comités en charge d’une part, du redressement de l’organisme de gestion collective du droit d’auteur de la catégorie B et d’autre part, de la normalisation de la gestion collective du droit d’auteur et des droits voisins du droit d’auteur au Cameroun. Alors que l’on n’attend plus que l’arrivée d’Ama Tutu Muna, une entrée inédite et spectaculaire provoque un remue ménage. Pour avoir claqué les portes du comité de redressement de l’organisme de gestion collective du droit d’auteur de la catégorie B , l’arrivée de Daniel Haman, populairement connu sous « Isnebo », son nom d’artiste était très inattendue.

« Je mesure donc l’ampleur du travail qui vous attend et ne doute à aucun moment de votre capacité à remplir votre mission. Pour y parvenir de manière efficace, il vous faudra travailler dans un esprit de rassemblement, d’apaisement et surtout de fermeté. La quête de l’intérêt général, l’objectivité, la tempérance doivent guider votre action comme l’a recommandé le chef de l’État. C’est pourquoi, je vous engage à travailler d’arrache-pied, dans un esprit de cohésion, de respect des textes et des institutions de la République » martèle Ama Tutu Muna, à l’adresse des heureux élus. Devant une salle pleine à craquer, la ministre des Arts et de la culture, rappelle les contours qui ont conduit à la décision de mettre en place les comités ; celle-ci étant irriguée par la recherche de solutions durables pour une amélioration substantielle et définitive de la gestion collective du droit d’auteur au Cameroun. «Les dysfonctionnements récurrents observés dans le secteur depuis le début des années 2000 constituent un véritable frein à l’épanouissement total de la communauté artistique. En effet, il m’est apparu nécessaire, conformément aux dispositions de la loi n° 2000/011 du 19 décembre 2000 ainsi que de son décret d’application, de prendre des mesures conservatoires en vue de mettre un terme à certaines pratiques qui ont cours depuis bien longtemps et qui se perpétuent d’année en année, bien que les principaux responsables des organismes de gestion collective aient été interpellés, à l’effet d’améliorer le fonctionnement quotidien de leur structure, de sécuriser au maximum les redevances collectées et surtout de respecter les quotas prévus dans la réglementation en vigueur» lance-t-elle.

Meilleure rétribution

Ama Tutu Muna n’a pas mis les gangs, pour indiquer que, le comité Ad hoc de redressement de l’organisme de gestion collective du droit d’auteur et des droits voisins du droit d’auteur de la catégorie B, est appelé à mener des actions destinées à assurer à cet organisme de gestion collective, un retour à la légalité républicaine, à la sérénité et à la mise en place d’un cadre organique qui devra favoriser l’équité, la transparence dans la gestion et une meilleure rétribution de ceux qui travaillent et dont les œuvres sont effectivement exploitées. Tout en rappelant que le droit d’auteur est le fruit du travail de l’artiste, la Minac commande la nécessité d’assurer une juste répartition, au bénéfice de ceux dont les œuvres sont effectivement exploitées. « Vous devrez au préalable procéder à un état des lieux sans complaisance de cet organisme et établir, le cas échéant, les responsabilités dans les différents manquements observés. Il vous reviendra ensuite de toiletter le fichier des ayants droits du droit d’auteur dans l’art musical, dont les multiples manipulations restent le nœud gordien de la gestion collective du droit d’auteur et des droits voisins dans l’art musical » ajoute Ama Tutu Muna.

La ministre a abondamment insisté sur la mission du comité qui doit être celle, de remettre dans les deux mois à venir, l’organisme de gestion collective du doit d’auteur de l’art musical sur pied, de le doter de textes fondamentaux en concordance avec les standards internationaux et enfin aboutir à la désignation d’instances dirigeantes fortes, saines et respectueuses des lois et règlements de la République. «Je voudrais ici, souligner que votre comité n’a aucune compétence sur les répartitions de la redevance dues au titre du droit d’auteur et des droits voisins du droit d’auteur » précise Ama Tutu Muna. A la croire, les perceptions et les répartitions de la redevance due au titre du droit d’auteur et des droits voisins du droit d’auteur dans l’art musical, ne pourront reprendre en toute sécurité et de manière avisée, qu’à la fin de ce processus ; lorsqu’il sera octroyé à l’organisme en charge de la gestion collective de ladite catégorie, un agrément en toute conformité avec la loi.

Souley ONOHIOLO

Daniel Haman Isnébo: «j’ai choisi de me mettre du côté de la légalité»

L’artiste musicien, leader du groupe « le Fadah Kawtal », ayant préalablement indiqué son refus de siéger dans le comité Ad hoc de redressement de l’organisme de gestion collective du droit d’auteur et des droits voisins du droit d’auteur de la catégorie B, revient à de meilleurs sentiments et donne les raisons de sa volte face. 

A l’annonce de votre désignation au sein du comité, vous avez déclaré ne pas être disposé à y siéger ; pourtant on vous voit à la cérémonie d’installation des membres.

Tout cela est vrai. Mais je suis revenu à la maison comme vous pouvez le constater. J’ai pensé en mon âme et conscience, qu’il fallait se mettre du côté de la légalité, pour apporter ma modeste contribution à la construction de l’édifice. J’estime que l’appel qui m’est destiné, est un appel du gouvernement dans sa politique, d’amélioration des conditions de vie dans nos carrières d’artistes. Il ne s’agit pas seulement des questions concernant les artistes en activités, mais il s’agit également de se pencher, de régler les problèmes qui concernent la postérité. Il se trouve que j’étais pris au vif. Peut-être pour n’avoir pas participé aux consultations, je n’avais pas appréhendé la teneur et l’importance des missions et travaux que la tutelle plaçait en nous. Comprenez que j’étais moulé dans une logique que nous avons développée avec des confrères du conseil d’administration ; mais avec du recul, j’ai changé d’avis. J’ai humblement accepté de servir cette noble cause. Je ne suis pas versatile ; je me devais de réfléchir. J’estime que pour pouvoir apporter quelque chose, il faut être du côté de la légalité, surtout quand on a la chance d’être invité à donner sa contribution.

Aujourd’hui de retour, pensez-vous à la crédibilité de ce comité et surtout à ce qu’il peut apporter de positif à l’amélioration des conditions de vie des artistes ? 

Après avoir été tourmenté et pas très sûr de la position que j’ai prise, il y a à peine deux jours, autour de minuit, j’ai réveillé le président San Fan Thomas de son sommeil, pour lui dire ma décision de siéger dans le comité. Je lui ai dit cette position qu’il a trouvée normale. Il m’a accueilli, je suis allé à la rencontre de la ministre des Arts et de la culture, pour lui dire que je revenais à la raison en reconsidérant ma position. Par ailleurs, la nécessité du respect de l’ordre public, de l’assainissement de la gestion collective, de l’amélioration des conditions de vie des artistes, en cohérence avec les aspirations de la grande majorité de tous d’une part, et l’engagement des pouvoirs publics, à inscrire la Culture au cœur de l’émergence de notre pays, d’autre part font l’objet de ma motivation.

Que comptez-vous apporter à ce comité ? 

En venant je ne savais pas. Mais je crois savoir que ceux qui m’ont sollicité, ont une idée de mes qualités, mon expertise et mon profil ; sur lesquels, ils se sont basés pour justifier mon choix. Après avoir écouté le ministre tout à l’heure à la cérémonie d’installation, j’ai compris à quel point les responsabilités et nos missions sont immenses. Nous avons été choisis à la croire, pour notre compétence, notre capacité à trouver des solutions sereines et objectives, mais aussi dans un souci de rassemblement qui prend en compte toutes les sensibilités du secteur du droit d’auteur. Cela est donc une marque de confiance de la part de nos pairs et des pouvoirs publics qui placent en nous, l’espoir d’une normalisation rapide du secteur. J’ai donc définitivement compris les différents point sur les quels nous devons nous pencher. Ces grandes lignes sont suffisantes pour nous permettre de comprendre sur quoi nous devons travailler. Et je me crois assez outillé pour ça.

Entretien avec Souley ONOHIOLO 

Réactions

Ekambi Brillant: «J’espère qu’on va trouver une décision définitive» 

Face à ce nouvel épisode qui s’ouvre dans l’histoire du droit d’auteur, nous pensons qu’il faut être optimiste. Après que je sois resté longtemps en retrait, je suis venu constater la nouvelle destination que nous prenons. Depuis quelque temps que cette affaire a commencé, je n’ai jamais voulu prendre les devants de la scène. J’entends des choses. Ce qui me rassure aujourd’hui, c’est que face à la situation dans laquelle on se trouve, la nomination de San Fan Thomas, comme président de ce comité pendant deux mois, est porteuse d’espoirs. Avec son équipe, je pense qu’ils sauront trouver des solutions adéquates pour qu’on sorte de cette galère et cette misère qui nous pourrissent la vie depuis des mois. Après le discours du ministre tout à l’heure, j’y crois. La ministre est membre du gouvernement, elle incarne la République du Cameroun. Il est important de souligner que la ministre me rejoint un peu dans tout ce que j’ai souvent eu à dire ; que l’on revoit les choses dès la base. Beaucoup de pans ont été manipulés, tronqués et mêmes mutilés. Il faut revoir les textes à la base ; observer là où, on a trébuché de manière à envisager de nouvelles solutions ? On n’en serait pas là, si l’on avait mis du sérieux dès le départ. On serait aujourd’hui, un pays où, l’on décerne des awards comme aux Etats-Unis.

Malheureusement, près de quatorze après, l’on est revenu à la case de départ, parce que certaines personnes n’ont jamais voulu écouter les conseils. Mais il n’est jamais trop tard ; le gouvernement étant déterminé ; Dieu aidant, je pense et j’espère qu’on va trouver une décision définitive.

André Marie Tala: «Je suis là, pour soutenir le processus lancé par la ministre»

Vous avez du constater que c’est l’une des rares fois, que l’on me voit dans des choses qui touchent au droit d’auteur. Ma présence en ce jour, s’explique parce que je suis de tout cœur avec ceux qui sont honnêtes, ceux qui sont de bonne foi. Mais comme les artistes eux-mêmes n’ont pas toujours montré ni le sérieux, ni la bonne foi, je me suis mis à l’écart, pour observer et voir à distance ce qui se passe. Aujourd’hui, les autorités, ont souhaité que je vienne ; je suis là, pour soutenir le processus qui à mon avis est la meilleure chose qui puisse arriver aux artistes. J’ai écouté le ministre marteler avec fermeté sa détermination d’aller jusqu’au bout. Ma réaction s’inspire de ce que le chef d’Etat Paul Biya, combat la corruption. La ministre a dit qu’il faut faire l’état des lieux sans complaisance. Je suis pour ce que, si les gens ont commis les délits, si les gens ont volé, s’ils ont inséré les listes fictives, qu’on les mette en prison. Nul n’est autorisé à défier les lois et les règlements de la République. Personne ne doit défier impunément l’autorité de l’État et ses institutions qui doivent de toute évidence être respectées

Recueillies par Souley ONOHIOLO

 

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