DROITS D’AUTEUR : AMA TUTU MUNA ACCUSE ODILE NGASKA D’AVOIR DETOURNE 48 MILLIONS DE F CFA A LA SOCAM

DROITS D’AUTEUR : AMA TUTU MUNA ACCUSE ODILE NGASKA D’AVOIR DETOURNE 48 MILLIONS DE F CFA A LA SOCAM

Au cours d’une réunion ce vendredi 19 décembre à Yaoundé avec le personnel de la Société civile de l’art musical (Socam) au sujet des revendications salariales de ce dernier, la ministre de la Culture a déploré de nombreuses malversations financières au sein de cette société de gestion de droits d’auteurs.

« Si vous voulez que je quitte le ministère, si c’est votre agenda, sachez que c’est le président de la République qui, seul, décide », a lancé, verte de colère, Ama Tutu Muna. Au cours d’une réunion avec le personnel de la Société civile de l’art musical (Socam) qu’elle présidait ce vendredi 19 décembre à la salle des réunions de son département ministériel à Yaoundé, la ministre des Arts et de la Culture a décrié la gestion peu orthodoxe des responsables de la Socam ces dernières années : « j’ai une lettre qui date de l’année dernière dans laquelle l’ex-Pca de la Socam, Mme Odile Ngasca, reconnait avoir détourné 48 millions de F Cfa, pourquoi vous ne la poursuivez pas ? », se demande Ama Tutu Muna.

Depuis quelques mois, une grogne sourd au sein de la Socam. Le personnel de cette structure revendique 16 mois d’arrirérés de salaires, soit plus de 180 millions de F Cfa. Il entendait d’ailleurs observer dans les prochains jours un sit in à l’entrée du ministère des Arts et de la Culture (Minac). Mais pour les responsables dudit ministère, non seulement la Socam n’est plus fondée à revendiquer quoi que ce soit depuis le 3 juillet 2013 que l’agrément lui a été retiré par le Minac, mais aussi le ministère n’est pas censé répondre des salaires des employés de la dite société.

Toutefois, d’après un responsable de la Commission permanente de médiation et de contrôle (struture représentant le ministère auprès des sociétés de gestion des droits d’auteurs), à l’issue d’une première réunion qui s’est tenue le 2 septembre dernier, le Minac a soumis au Premier Ministre la proposition d’apporter un appui financier au personnel de la Socam : « je ne peux donc pas aller bousculer ma hiérarchie » a fait savoir Ama Tutu Muna comme pour requérir la patience du personnel de la Socam.

Décret d’application de la loi de 2000

Les observations du ministère relatives aux revendications salariales de ce personnel ont été balayées d’une revers de la main par ce dernier. Selon Assolo Ngaska, délégué régional de la Socam pour le Centre, le 15 mai 2013, il y a eu une demande de renouvellement de l’agrément adressée au ministère de la Culture : « et d’après le décret d’application de la loi de 2000 sur le droit d’auteur, 60 jours après la demande de renouvellement, en l’absence de toute réponse, il y a tacite reconduction dudit agrément », explique ce responsable de la Socam pour qui le problème de l’agrément ne s’est jamais posé jusqu’à décembre 2013 où la demande de renouvellement a été rejeté par le Minac. Ce haut cadre de la Socam fait également savoir qu’après la mis en place en janvier 2014 du Comité ad hoc et du Comité de normalisation de l’organisme de gestion du droit d’auteur, les membres de ces comités ont demandé au personnel de la Socam de continuer à travailler avec eux.

A en croire M.Assolo Ngaska, si le ministère est le destinataire de leur revendication, c’est tout simplement parce que la Commission permanente de médiation et de contrôle, qui est le bras séculier du ministère dans la gestion du droit d’auteur fait main basse sur les 30 % des redevances collectées que le décret d’application de la loi de 2000 affecte au fonctionnement de la Socam, depuis le retrait de l’agrément en juillet 2013. Le personnel de la Socam dit ne pas vouloir céder au menaces de la ministre. Cette dernière, au cours de la réunion, a promis de saisir les artistes-musiciens afin que ces derniers portent plainte aux responsables de la Socam pour les nombreuses malversations financières au sein de cette société.

 

camernews-Socam

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