DRAME À DOUALA

Ce sont sept enfants et leur mère qui avaient perdu la vie dans un incendie à Douala. La levée des corps a eu lieu vendredi 15 mai 2015 à l’hôpital Laquintinie de Douala. Dans l’indifférence des autorités administratives.

11 février 2015.

Pour les populations du quartier Ancien abattoir dans l’arrondissement de Douala 2ème, la date reste gravée dans les mémoires, comme sur du marbre. Ce jour, une famille quasi entière est détruite. Sept enfants et leur mère sont brulés vifs dans leur habitation. Gabriel Larissa Degoue née en 1999 faisait la classe de 5ème ; Patricia Akoumé (née en 2001) était élève en classe de 5ème ; Herman Djeussi (né en 2003) faisait le Cours moyen première année ; Lucrèce Tchudjem (née en 2006) était élève au le Cours élémentaire un. La petite Emilienne Mbia, six ans, faisait la maternelle. Les deux derniers étaient des jumeaux. Il s’agit de Blaise-Christian Tsingué et Daniel-Christian Chouango, nés en mars 2013.

La maman qui avait mis au monde ces beaux enfants ne s’en est non plus sortie. Régine Flore Kuesick, 36 ans (ancienne élève à l’école publique de Nkongsamba) est également consumée tel du papier par le feu.  L’image est effroyable. Le père de famille, Sylvain Atodi qui travaille comme vigil ne constate les dégâts que de retour à la maison, au petit matin. Inconsolable, il croit vivre un cauchemar. Mais les faits, bien que désolants et amers restent têtus.

Vendredi 15 mai courant.

Pendant que la communauté internationale célébrait la journée dédiée aux familles, Sylvain Atodi procédait lui à la levée de corps de sa famille. De l’hôpital Laquintinie, les corps sont conduits à la petite concession familiale, à Ancien Abattoir à New-Bell. Huit cercueils sont posés sur des tables. En tête, celui de la mère de famille. La scène fait froid au dos. Les pleurs pleuvent dans tous les sens.

La cérémonie a drainé les médias, les riverains. Et c’est tout. Pour cette grosse perte en vie humaine, le gouverneur de la région n’est pas venu témoigner son soutien à la famille. Aucune présence à Laquintine, encore moins au domicile. Les confrères se disent choqués par «ce manque de considération». On imagine ô combien l’emploi de temps de Joseph Beti Assomo peut être surchargé par des affaires plus «importantes». Celui du préfet du Wouri également. Il ne s’est même pas fait représenté.

Le sous-préfet de Douala 2ème n’y était pas non plus. Plus grave, la maire, Dénise Fampou, censée être élue locale, donc proche de sa population ne s’est pas embarrassée d’aller soutenir ce qui reste de cette famille. Que dira-t-on des délégations départementales et régionales des Affaires sociales, de la Femme et de la Famille ? Qui ont aussi brillé par leurs absences à la cérémonie.

Les formations politiques ne se sont pas non plus démarquées. Les vies des huit décédés n’étaient pas aussi significatives pour susciter de la sollicitude ? Sous d’autres cieux, il y aurait eu, n’est-ce reste qu’un message de condoléance du chef de l’Etat et une descente des autorités sur les lieux. Venus au monde dans l’anonymat, les sept enfants et leur mère repartent dans l’anonymat et l’indifférence totale. Ils ont été mis en terre samedi 16 mai 2015 à Bana, dans l’Ouest Cameroun.