Dr Pierre Alain Ngono Ndzengue: La rougeole peut avoir des complications neurologiques

Le chef de district de santé de Lomié, à l’Est, sensibilise sur cette pathologie qui a été déclarée épidémique ces dernières semaines dans la région du Soleil levant.

Qu’est-ce que la rougeole et comment se transmet-elle ?
La rougeole est une infection virale éruptive hautement contagieuse qui se transmet par voie respiratoire ou par contact direct avec des sécrétions nasales ou pharyngées de personnes infectées. La période de contagion débute cinq jours avant l’apparition de l’éruption et se poursuit jusqu’à quatre jours après.

Pouvez-vous en décrire les manifestations ?
Lorsqu’un patient est atteint de rougeole, il présente les symptômes ci-après : forte fièvre, toux, rhinite, yeux rouges et larmoyants, douleurs abdominales accompagnées de diarrhée et de vomissements. Par la suite, on observe des irruptions rougeâtres sur la peau. De plus, il faut savoir que c’est une pathologie qui peut présenter de nombreuses complications. Celles qui sont les plus récurrentes sont de type neurologique. On a des enfants qui vont faire des tableaux de méningite à partir de la rougeole et qui vont développer

des séquelles neurologiques, notamment des problèmes de surdité, de coordination des mouvements, de locomotion et même cognitifs. Il y a également des complications sur le plan respiratoire. Par ailleurs, la rougeole est une maladie immunodéprimante. Ce qui fait qu’un patient atteint de cette pathologie aura du mal à lutter contre d’autres gènes qu’il contracterait au même moment. C’est ainsi qu’un enfant faisant une rougeole succomberait à une simple pneumopathie banale, qu’il aurait pu surmonter. Il faut noter également que l’immunodépression due à la rougeole est longue à rétablir. Elle rend ainsi le sujet vulnérable pendant longtemps.

Comment traite-t-on un cas de rougeole ?
A l’instar de plusieurs maladies virales, il n’existe pas de médicament spécifique contre la rougeole. En effet, jusqu’à nos jours, aucune molécule n’a encore été déterminée comme étant à même de mettre fin à l’existence du virus de la rougeole. Par contre, il existe des traitements dits symptomatiques. C’est-à-dire qu’on répond aux différents symptômes de la maladie. Quand le patient fait de la fièvre, on lui administre des médicaments contre cette fièvre. Ainsi de suite contre la toux, la rhinite, les yeux … jusqu’à parvenir au rétablissement, donc à la guérison. Mais pour être complet sur la question, il faut dire qu’à côté du traitement curatif, le traitement préventif est tout aussi important. Lorsqu’un cas fortement suspect est relevé, il est question d’organiser ce que l’on appelle des éductions, notamment en milieu scolaire, pour éviter que le virus ne se répande à une vitesse élevée.

Est-ce là, la seule manière de prévenir cette pathologie ?
Pas du tout. En plus de cette sensibilisation de masse, il existe un vaccin contre la rougeole, le Rouvax. Il faut savoir que depuis plusieurs années, le ministère de la Santé publique, avec l’appui de ses partenaires, a mis sur pied de manière gratuite, ce que l’on nomme « Programme élargi de vaccination ». Le Rouvax fait partir des vaccins administrés. Les parents sont ainsi appelés à conduire leurs enfants âgés de neuf mois dans des formations sanitaires, afin qu’ils soient vaccinés contre ladite pathologie. Voilà à l’heure actuelle, le moyen le plus efficace pour lutter contre la rougeole. Mais, il faut accompagner cela d’une communication efficiente pour informer les parents tant des zones urbaines que rurales, sur les dangers de cette pathologie.