Douala : Confusion autour d’une arrestation de kamikazes

Le  vicaire de la paroisse Saint Esprit de Bépanda affirme que les membres présumés de la secte Boko Haram ne portaient pas d’explosifs.

Il est environ 9 heures et 30 minutes ce lundi 3 août  2015 à la paroisse Saint Esprit de Bépanda. Le Père Patrice Boulous, vicaire de ladite paroisse ne cesse de répondre au téléphone. «Non, il n’y a rien de grave», lance-t-il à l’attention de son interlocuteur. Ce matin, il est particulièrement sollicité par les médias sur l’incident qui a eu lieu le dimanche 2 août dernier aux premières heures. En l’absence du curé, il a démenti la thèse selon laquelle, trois présumés kamikazes se seraient introduits dans la paroisse.

Selon le vicaire, les présumés terroristes n’étaient en réalité que de simples fidèles, venus assister à la messe dominicale. La trentaine révolue, ces derniers s’y sont rendus à bord de motos, et munis d’un sac. Il était environ 6 heures et 30 minutes. Le prélat précise par ailleurs que sa paroisse revêt un caractère sociologique. «Dans notre paroisse, la majorité des fidèles viennent d’ailleurs. On a des étrangers et des autochtones», confie-t-il. Toutes choses qui justifient la présence de ces étrangers.

Arrivés en la paroisse, les trois visiteurs ont choisi de s’installer au fond de la chapelle. Malgré le silence qui  y régnait, l’un d’eux ne cessait de faire des allées et venues, sans toutefois se séparer de son téléphone. Une attitude qui attire l’attention d’une fidèle, par ailleurs garde-suisse. Prise de doute, elle fait appel à un policier, qui saisit à son tour les éléments du commissariat du 7e arrondissement. Ces derniers appréhendent aussitôt les deux jeunes gens, les soumettant à une fouille minutieuse. Au final, force est de constater que leur sac contenait des provisions alimentaires, et non des explosifs. « J’ai vu venir ces individus à bord de deux motos. Ils se sont dirigés vers l’Eglise pour prier. C’est juste leur air suspect qui a fait croire que c’était des kamikazes, ainsi que leur accoutrement.  Ils étaient vêtus de blousons », confie un témoin de la scène.

Au commissariat du 7e arrondissement, aucune information ne filtre sur cet incident. Une source policière fait savoir qu’elle a assuré la permanence toute la journée du dimanche 2 août, de 7 heures et 30 minutes à 21 heures. L’on apprend alors qu’aucun présumé kamikaze n’y a été gardé. De plus, ce n’était qu’une fausse alerte.

C’est donc plus de peur que de mal pour la paroisse Saint-Esprit de Bépanda, qui a vu souffler un vent de panique au cours de sa première messe dominicale de ce 2 août 2015.