Dos au mur… : Jean Williams sollo rembourse 222 millions

Dos au mur… : Jean Williams sollo rembourse 222 millions

Pris dans l’étau du Tribunal criminel spécial (Tcs), le directeur général de la Cameroon water utilities corporation (Camwater) a délié les cordons de «sa bourse» en échange de sa liberté… provisoire. La Météo revient dans les dédalles du dernier rebondissement de ce qui est digne d’être désignée le «Sollogate».

«Il l’a échappé belle», se souvient encore un assistant administratif du procureur général du Tcs rencontré dans un restaurant chic de Yaoundé. Ce collaborateur du patron du parquet de la juridiction d’exception, créée pour juger les personnes sur qui pèsent de lourds soupçons de détournement de biens publics, parlait ainsi d’un ton hilarant, du patron du top management de la Camwater qui d’après lui, a passé un très mauvais  moment dans le bâtiment jaune du palais de justice de Yaoundé, le 31 mars 2014. En effet, parvenu au bout de l’enquête ouverte au Secrétariat d’Etat à la défense (Sed) autour des micmacs de l’acquisition par la Camwater, d’une parcelle de terre  de 3700 m2 (à raison de 60.000 Fcfa le m2), qui aura valu au patron de la société de production de l’eau potable au Cameroun, le parquet du Tcs avait estimé avoir suffisamment vu clair sur l’affaire et se devait de convoquer dans ses locaux, le principal suspect.

C’est ainsi que rendu sur place, l’ancien pilleur de l’Onadef (Office national de développement des forêts) a été confondu par les magistrats qui ont pu, sur la foi des dénonciations de Pascal Ondoa (intermédiaire au départ de la transaction, qui se fera floué au final par M. Sollo), établir que les 222 millions débloqués par la Camwater pour l’achat, à Etetak à Yaoundé, du terrain devant abriter l’immeuble siège de l’entreprise, ont été irrégulièrement débloqués… du moins en violation des procédures dans la question domaniale ou celles prévues par le Code général des impôts.

 

Convaincus d’avoir fauté, le patron de la Camwater n’a eu d’autres choix que de promettre fermement aux magistrats de rembourser les sommes dues. Ce qui, du reste, rentre bien dans l’esprit de l’article 18 de la loi créant le Tcs ; lequel dispose qu’en cas de remboursement du corps du délit, le mis en cause puisse bénéficier d’un abandon des poursuites. Et naturellement, M. Sollo reconnaît implicitement détenir frauduleusement les biens publics.

Enquête

D’après les informations puisées à bonnes sources, le Dg de la Camwater et ses avocats ont fait les diligences nécessaires pour le remboursement au trésor public de l’argent détourné. Ce qui lui a valu de rentrer en possession, momentanément, de son passeport entre temps détenu par la police depuis peu. Il n’attend donc plus, en ce moment que de savoir si les poursuites sont abandonnées contre lui… Normalement, le parquet devrait s’en remettre au Garde des sceaux pour savoir si nonobstant la gravité du détournement, le sieur Sollo s’en tire indemne après ce remboursement.

Tant il est fait l’objet d’autres procédures auprès de la même juridiction, notamment celle de 350 millions frauduleusement virés vers les comptes d’un agent de la Cde, un certain Aloys Ndzié et dont l’Anif (Agence nationale d’investissement financière) est le déclencheur, ou des marchés de gré à gré à hauteur de 118 millions de nos francs, octroyés à son beau-frère Joseph Belibi, magistrat en fonction. Les enquêtes de toutes ces autres affaires étant déjà bouclées, confirmant d’ailleurs des détournements de fonds publics.

En attendant que M. Sollo soit  à nouveau convoqué dans les tout prochains jours, tellement l’homme gaffe au quotidien, La Météo se pose les mêmes questions qui turlupinent les personnes proches du dossier et même le Camerounais lambda qui sera informé de l’affaire à travers ces lignes. D’où sont venus les 222 millions que M. Sollo vient de reverser dans les caisses du Trésor public ? Pourquoi rembourser une somme aussi  faramineuse alors  qu’on  clame partout n’avoir jamais détourné ? Et pourtant, c’est seulement le 27 mars 2012, que Jean Williams Sollo a été nommé directeur général de la Camwater, après une dizaine d’années de très dure traversée du désert. On ne lui connaît donc aucune activité lucrative menée avant sa dernière nomination.

Ni en tant qu’homme d’affaires, ni en tant que consultant. L’argent serait donc venu de ses économies de deux ans de séjour à la tête de la Camwater. Mais pour réunir ces sommes, il faut pouvoir épargner complètement son salaire (M. Sollo gagne un peu plus de 10 millions de Fcfa par mois, ndlr), ce n’est concrètement pas faisable. Ce qui est ahurissant venant d’un jouisseur survolté  comme ce patron d’une entreprise de production de l’eau potable, incapable, malgré les colossaux moyens dont il dispose, à remplir sa fonction sociale. Autre possibilité, le Dg peut très rapidement avoir  emprunté  le montant versé au Trésor public à une banque de la place. Mais quelles garanties a-t-il donné au banquier pour assurer le remboursement ? C’est certainement une piste qu’explorera la justice. Et si l’homme passe le temps à rembourser au-delà de la dizaine de dossiers qui vont à tout moment s’ajouter à d’autres, il y a lieu de soutenir mordicus que comme avec l’Onadef, l’on va bientôt entonner le requiem de la Camwater.

Mais déjà pris dans cet étau, le patron de la Camawater s’est engagé, pour faire diversion, dans une pléthore de procédures contre le journal qui a révélé au public, les scandales financiers dont il est à l’origine : La Météo. En effet, Jean Williams Sollo a intenté des procès contre votre journal dans plusieurs villes du pays, dont certaines du Grand-nord. Il accuse La Météo qui a révélé l’affaire pour laquelle, il vient de rembourser 222 millions, de diffamation. Etonnant simplement !

Dans la même veine, il poursuit votre bihebdomadaire devant plusieurs juridictions du pays pour avoir révélé d’autres faits. Il requiert contre votre journal, des peines pénales contre le Dp et son reporter, la fermeture du titre pendant 6 mois et le paiement des dommages et intérêts.

Mais, cette méthode déjà connue et déjà usitée par un ancien ministre des Finances qui criait au complot des journalistes contre lui, n’avait pas mis l’ancien bourreau de la presse à l’abri d’ennuis judiciaires pour détournements de deniers publics. Il est en ce moment incarcéré et jugé pour les faits que la presse avait révélés, malgré des procès intentés contre elle en diffamation. Jean Williams Sollo est-il sur la même piste…

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