Distinction :Thierry Atangana honoré par l’Uia

L’institution qui fédère plus de cinq millions d’avocats a décerné sa médaille à l’ex- prisonnier du Sed pour son combat contre la détention arbitraire.

C’est accompagné du député français Olivier Falorni et du vice-président du Groupe de travail de l’Organisation des nations unies (Onu) sur la détention arbitraire (Gtda), Roland Adjovi, que le Franco-camerounais Michel Thierry Atangana a reçu le 30 octobre dernier la médaille de l’Union internationale des avocats (Uia). La cérémonie y relative s’est déroulée à Valence (Espagne) en présence des prix Nobel de la paix 2015, les Tunisiens Abdessetar Ben Moussa et Mohamed Fadhel Mahmoud qui ont assuré à l’ex-détenu du Secrétariat d’Etat à la Défense (Sed), de leur soutien inconditionnel. Selon le président de l’Uia, le mérite de Michel Thierry Atangana est de porter « un combat indispensable pour rendre possible la réhabilitation de ceux qui ont été condamnés injustement ».

Pour Roland Adjovi, les Etats devraient « saisir le Groupe de travail sur la détention arbitraire de l’Onu et à en appliquer les décisions, afin de protéger leurs ressortissants ». Un discours qui se rapproche de celui d’Olivier Falorni qui avait porté le débat sur la réhabilitation de Michel Thierry Atangana devant l’Assemblée nationale française. Le parlementaire français déclarait alors que « la force d’une République c’est avant tout de savoir réhabiliter ses concitoyens accusés à tord, à l’image de l’affaire Dreyfus qui a marqué notre histoire. Aujourd’hui nous demandons la réhabilitation de Michel Thierry Atangana et nous ne lâcherons pas  »,  clamait-il.  A Valence, Olivier Falorni – également décoré par l’Uia – a remis une nouvelle couche en affirmant que « la France a failli envers son compatriote. Et je n’aurai qu’un seul mot concernant le combat de Michel Thierry Atangana : Nous demandons la réhabilitation de notre compatriote », a-t-il scandé.

Pression supplémentaire

Très ému de recevoir cette distinction, Michel Thierry Atangana a dit vouloir honorer sa « médaille en poursuivant le combat contre la détention arbitraire ». L’occasion faisant le larron, la fondation du Réal de Madrid à travers son président, Carlos Escuredo, a également apporté son soutien à l’ex-prisonnier du Sed. Pour mémoire, , Libéré le 24 février 2014 après avoir passé près de 17 ans en prison (il avait été arrêté le 12 mai 1997) Michel Thierry Atangana réclame à l’Etat camerounais, l’application de l’avis du Groupe de travail de l’Onu sur la détention arbitraire. Outre la remise en liberté de Michel Thierry Atangana, ledit avis du Gtda prévoit « la prise de sanctions contre les responsables de sa détention arbitraire, une indemnisation et la restitution complète de ses biens dont il a été intégralement dépouillé ».  Après l’introduction devant la représentation nationale française du débat sur la réhabilitation de Michel Thierry Atangana, cette distinction de l’Uia – une institution qui fédère plus de cinq millions d’avocats, réparti dans plus de 110 pays dans le monde – en présence des prix Nobel de la paix 2015, apparait comme une pression supplémentaire sur le gouvernement camerounais. Ce dernier s’exécutera t-il pour autant ?