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Discorde: Les populations de Mbankolo sur le pied de guerre

Discorde: Les populations de Mbankolo sur le pied de guerre

Appelés à répondre de leurs actes devant la direction régionale de la police judiciaire (Drpj) du Centre, 07 habitants de ce quartier périphérique de Yaoundé crient aux loups pour détourner l’attention sur les faits qui leurs sont reprochés.

«Votre pays est corrompu, avec mon argent, j’ai les généraux et les ministres dans ma poche. Je peux faire de vous, tout ce que je veux même vous tuer et m’envoler pour les Etats-Unis…etc ». Voilà le genre de propos qui revient au moindre quiproquo, entre ces voisins du quartier Mbankolo à Yaoundé. Cette phrase en l’occurrence, est celle, à en croire la première « pétition des habitants du bloc n°4 du quartier Oliga (Mbankolo) sous la conduite du chef Mvogo Eloundou » du sieur Stephen Uchenna Njoku, camerouno-nigérian, installé dans ce quartier depuis près de 04 années. A son arrivée dans le quartier en 2010, nous raconte quelques habitants de Mbankolo rencontrés mercredi 1er octobre 2014, à la direction régionale de la police judiciaire du Centre (Drpj), Stephen Uchenna s’est présenté chez le chef de bloc le sieur Mvogo Eloundou, aux fins de construire sur ce terrain nouvellement acquis, une maison pour s’y installer définitivement et en finir ainsi avec les tracasseries de la location. Sa demande ayant été agrée par le chef du quartier, il a commencé les travaux de construction. Mais, à peine 02 mois après, poursuivent les habitants, les ennuis ont débuté avec ses plus proches voisins : problèmes de servitude, passage de tuyauteries à travers les propriétés voisines… etc.


Coups de feu

Or, après que le chef de bloc a eu à régler ce problème, il en a crée un autre. Au point de faire arrêter certains de ses voisins dont la procédure suit aujourd’hui son cours devant le Tribunal de Première Instance du Mfoundi. Au fil des années, la situation ne s’améliore pas. Disputes sur disputes s’enchaînent et se succèdent. Le sieur Uchema est en perpétuel conflit avec son entourage. Ce qui amènera les populations à rédiger une pétition, en date du 16 décembre 2013 adressée au sous-préfet de l’arrondissement de Yaoundé 2ème, pour dénoncer les agissements de celui-ci. Il a été cité entre autre griefs : « enlèvement et séquestration d’un enfant âgé de 10 ans, de dissimulation d’un autre dans la malle arrière de sa voiture, et de cri de détresse (sauvez-moi, sauvez-moi) d’une voix féminine en provenance de son domicile à des heures indues ».

Mais, « rien n’a été fait », affirment-t-ils. Poursuivant son élan de terreur, le nouvel arrivant a une nouvelle fois, le 09 mai 2014 aux environs de 19h15, terrorisé son voisinage. Mvogo Eloundou raconte : « dès son retour au quartier, le sieur Uchenna s’est saisi de son arme à feu et s’est mis à tirer en direction de ses voisins. Apeurés, nous avons pris la fuite. En ma qualité de chef, je me suis rendu à la brigade de gendarmerie de Mbankolo. Mais, il a fallu en plus l’intervention de l’Esir, de la Gp et du Gso pour que soit maîtrisé dans les coups d’une heure du matin, le Nigérian en furie ».


Rançon

Ce dernier a été amené, et gardé à vue. « Mais, à notre grande surprise, moins d’une semaine plus tard, il était déjà libre et avait rejoint le quartier. Ce n’est que 04 mois plus tard, qu’on saura ce qu’il avait fait », précise le chef de bloc. Et de poursuivre : « ce matin (mercredi 1 er octobre 2014) à 6h, nous avons été tirés de nos lits par les éléments de la Drpj qui avaient avec eux, un mandat d’amener à l’encontre de 06 habitants de notre quartier. Ce n’est qu’une fois au Commissariat, que nous saurons que, nous sommes arrêtés ainsi, suite à une plainte qu’aurait déposée le sieur Uchenna, qui a réussi à faire croire à la police, qu’il tirait ces coups de feux (une trentaine) en représailles, parce qu’il avait été victime d’agression et de vol de notre part ». Mais en face, le Camerouno-nigérian affirme, qu’il n’est ni un criminel, ni un malhonnête, encore moins un trafiquant d’être humain, ou un membre de Boko Haram comme ont voulu le faire croire certaines personnes. « Mon malheur, vient de mon trop grand cœur », appuie par ailleurs ce dernier. « Je suis aujourd’hui traité de tous les noms parce que j’ai refusé d’être rançonné ».


Braquages à répétitions

A son refus, le sieur Uchenna sera la victime de 04 cambriolages au cours desquelles il sera passé à Tabac, gourdins et machettes ayant servi et où à chaque fois, il perdra respectivement les sommes de 2 millions, 1millions 600 milles, 1 millions et 2millions Fcfa. Il déposera à leurs suites plusieurs plaintes qui n’aboutiront jamais. Alors qu’à chaque fois, ses agresseurs sont clairement identifiés. C’est donc à bout qu’après le troisième braquage, il décide de demander une autorisation de port d’arme pour sa propre sécurité. Celle-ci lui sera accordée et il s’en servira alors au cours du 4ème braquage : « non pas pour blesser mes agresseurs, alors que j’avais la possibilité de le faire, mais pour leur faire fuir ». Pour l’heure, l’enquête suit son cours à la Drpj, après que les différentes parties ont été confrontées.

 

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