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Direction générale des impôts : Que reproche-t-on à Modeste Mopa Fatoing ?

Direction générale des impôts : Que reproche-t-on à Modeste Mopa Fatoing ?

Indexé dans une correspondance d’un de ses collaborateurs qui l’a adressée au secrétaire général de la présidence de la république, le directeur général des impôts est assimilé à une sorte de criminel en puissance, au motif de ses origines nigérianes.
 
S’il est difficile de battre en brèche une aussi grave insinuation, il reste néanmoins constant qu’en filigrane, il s’agit en fait de l’exacerbation de quelque bataille de positionnement saupoudrée au tribalisme primaire. Et posant cela comme postulat, il devient plus aisé de comprendre les enjeux sibyllins attachés à cette insidieuse et inopportune cabale. Ce d’autant plus que l’argument qu’on voudrait présenter à l’opinion comme le fondement des récriminations à l’encontre de Modeste Mopa Fatoing, semble plutôt aérien. Car, quand bien même l’initiateur de ladite correspondance a bien fait de le faire sous anonymat, en essayant de s’arc bouter maladroitement sur la situation insurrectionnelle que vit l’Extrême Nord dont est originaire sa cible expiatoire, ce tremplin se veut indu. Aussi certains diront-ils fort à propos à son égard, qu’il se tire une balle dans la tête.

L’allégorie est peut-être forte, mais elle rend à merveille le sombre dessein que nourrit ce collaborateur anonyme du directeur général des impôts, même si on peut valablement imaginer qu’il est excédé et pire, obsédé par la mise au-devant de la scène de celui qu’il présente volontiers comme un Nigérian de souche. Dès lors, ses appréhensions tenant de la promotion conséquente d’un Nigérian en lieu d’un Camerounais bon ton, s’en trouverait peut-être justifié s’il pouvait à l’occasion produire des preuves irréfutables de ses allégations. Car, en l’absence de celles-ci, il tombe inéluctablement sous le coup de supputations insidieuses.
 
Ignorance ou omission ?

D’entrée de jeu, le fait pour l’initiateur de la correspondance qui voudrait mettre le feu aux poudres d’ignorer ou plutôt de feindre d’ignorer la réalité selon laquelle la balkanisation du continent alimente la dispersion d’un même groupe sociologique sur un ou plusieurs états, constitue très certainement le mobile de la vacuité de son argumentaire. Car, autant l’Extrême Nord dont est issu Modeste Fopa Matoing à ses dires, partage une longue frontière avec le Nigéria, autant des peuplades de cette zone frontalière partagent les mêmes us et coutumes au point même d’avoir des membres de la même famille de part et d’autre de la frontière. Est-ce pour autant que le membre né au Cameroun avec des parents qui y ont de tout temps vécu serait Nigérian ?

En somme, la nationalité s’assimile-t-elle désormais au groupe sociologique ? Si tel est le cas, alors tous les Fang de notre pays seraient des Equato-guinéens ou Gabonais, suivez mon regard ! Dès lors, ce premier argument tombe comme un château de cartes et met plutôt à nu, le sombre dessein ayant motivé ledit initiateur. Surtout que loin de s’y confiner, il croit par ailleurs y annexer le fallacieux argument du manque d’expérience au poste de directeur général des impôts de Modeste Mopa Fatoing. Un peu comme si qui l’y ont précédé, avaient suivi des classes spécifiques les y autorisant au détriment de celui qu’il voue littéralement aux gémonies. Peut-être ne se sera-t-il pas approprié le dicton selon lequel : «la valeur n’attend point le nombre d’années», sinon il ne trouverait pas non plus à dire sur sa jeunesse relative.
 
Tribalisme primaire

Comme si cela ne suffisait pas, le même initiateur a fait d’Alamine Ousmane Mey, son ministre de tutelle, son mentor. Pour le cas d’espèce, s’il peut effectivement proposer des candidats aux différentes structures déconcentrées de son département ministériel, il ne saurait en aucun cas en imposer les choix. Dès lors, de là à penser que c’est le même Alamine Ousmane Mey qui aura joué les entregents pour le positionner, serait simplement une aberration tant il est constant que lui-même venait d’entrer en fonction à la tête de ce département ministériel dont il ignorait conséquemment le personnel et notamment le personnel d’encadrement. Mais tenant à dénoncer (?) ceux qui constituent une menace pour le Cameroun et bizarrement tous originaires de l’Extrême Nord, notre adepte de la manipulation servile articulée sur le tribalisme primaire, en arrive ainsi à plonger pieds et mains liées dans des approximations étalent au grand jour, sa connaissance limitée des réalités sociologiques du pays. Si ce n’est pas un crime, mais pris dans le même sens qui semble être le sien, cela pourrait rapidement le devenir en suscitant des réflexes identitaires exacerbés qui pourraient se muer en velléités de partition du pays. Ce d’autant plus qu’en filigrane, il prône simplement une restriction à tous points de vue, à l’encontre de ces Camerounais. Ne serait-ce pas là, l’anti thèse de cette symbiose qui devrait être el cément par excellence de notre unité nationale appelée de tous les vœux par Paul Biya lui-même ? Si cela était, alors l’initiative de la diatribe contre Modeste Mopa Fatoing n’a pas raté le coche, en adressant sa correspondance à la bonne personne, non plus pour assouvir son sombre dessein, mais plutôt pour mettre le même initiateur de ladite correspondance aux arrêts pour incitation à la haine tribale.
 
Insinuations malveillantes

Dans sa logique de mise à mort, il n’est pas des accusations de détournements induits de deniers publics qu’il n’ait proférées contre le directeur général des impôts, mais aussi son mentor présumé. Pourtant, il est de notoriété dans les milieux avertis que ces derniers sont plutôt des modèles de rectitude morale, ce qui bien évidemment leur vaut l’aversion des adeptes de la corruption et de l’enrichissement illicite qui les entourent. A moins qu’il s’agisse d’un de ceux-ci, alors on ne comprend pas pourquoi un tel acharnement contre celui-là même qui semble plutôt avoir œuvré au renforcement du civisme fiscal. Ce qui bien évidemment restreint les possibilités des adeptes de la corruption qui essaient par conséquent d’avoir sa tête, par tous les moyens. C’est le cas effectivement de le penser, si l’on s’en tient aux révélations de ce collaborateur manifestement aigri et peut-être nostalgique, d’une époque récente durant laquelle la direction des impôts s’entendait un puits intarissable pour le prévaricateurs de la fortune publique. Dans tous les cas, ce n’est ni Modeste Mopa Fatoing et encore moins son mentor présumé qui avaliseront de telles dérives. Au contraire, les actions qu’ils auront jusqu’ici entreprises participent plutôt de l’amélioration constante des revenus de leurs administrations respectives. Et à moins de souffrir de cécité, en pas le voir serait la pire mauvaise foi qui soit et qui justifie amplement l’adversité servile de ce collaborateur en mal de reconnaissance.

 

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