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Dipanda Mouellè fait la chasse aux magistrats corrompus

Dipanda Mouellè fait la chasse aux magistrats corrompus

A l’occasion de la cérémonie marquant la rentrée solennelle de la haute juridiction, son premier président Alexis Dipanda Mouellè a mené une réflexion portant sur « l’éthique et la déontologie du magistrat».

Les magistrats présents dans la salle d’audience de la Cour suprême hier, jeudi 27 février 2014 ont été peut-être médusés. Silencieux, ils ont écouté, Alexis Dipanda Mouellè qui n’est pas passé par quatre chemins pour dénoncer l’affairisme auquel se livrent certains de ses collègues au quotidien. Profitant de son exposé portant sur l’éthique et la déontologie du magistrat, le premier président de la Cour suprême a dressé un état des lieux, faisant une comparaison entre les moments glorieux de la magistrature et cette époque caractérisée par la folie du pouvoir, l’autoglorification et la corruption devenus le sport favori de certaines personnes chargées de dire le droit. Car pour lui, le magistrat apparaît de plus en plus comme un professionnel en crise de comportement. Dans plusieurs tribunaux d’instance de la République, des présidents de tribunaux refusent d’appliquer les décisions de la Cour suprême qui est l’instance la plus élevée de la juridiction camerounaise. De même, nombreux sont encore ceux qui se livrent à des actes de corruption, utilisant secrétaires et chauffeurs comme des canaux pour atteindre les justiciables.

Pourtant, rappelle le haut magistrat, les livres d’histoire nous apprennent que dans la  Rome antique, la loi des XII tables punissait de mort, le juge qui avait reçu de l’argent d’un justiciable. Même au XVIe siècle, une ordonnance royale prescrivait aux officiers chargés de la justice de ne pas accepter des cadeaux des justiciables et leur interdisait de fréquenter des malfrats notoires. « Mais au XXe siècle, la réflexion déontologique au sein de la magistrature s’est considérablement affaiblie. On cultive alors le mythe du juge irréprochable et infaillible, donnant un écho favorable aux dires de l’Avocat général d’Aguesseau qui proclamait. « Juge de la terre, vous êtes des dieux et les enfants du très haut », dénonce Alexis Dipanda Mouellè. Pourtant dans une société moderne, le système judiciaire doit être composé de magistrats indépendants, compétents, impartiaux et intègres.  L’orateur du jour tient à souligner que très souvent, ce n’est point le pouvoir exécutif ou même législatif qui menace l’indépendance de la justice.

Groupes de pression

Du haut de son expérience, le premier président de la Cour suprême pense que ce sont généralement les groupes de pression et les considérations ethniques qui pourrissent le corps de la magistrature. « Le magistrat doit se détacher de ses origines, de son éducation, de son milieu, de ses croyances et de ses convictions. A contrario, il ne doit pas se servir de sa fonction pour obtenir des avantages privés. De même, il ne doit pas se laisser envahir par toutes sortes de pressions extérieures, que ce soit celle des médias, de l’opinion publique, des autorités politiques, voire de ses supérieurs hiérarchiques », clame le premier président de la Cour suprême qui conseille aux magistrats de laisser tous les comportements négatifs à la porte, avant d’enter dans la salle d’audience. « Car certains juges se comportent comme des superman, croyant sortir de la cuisse de Jupiter ».

Avant cet exposé, le procureur général a entretenu l’auditoire sur la criminalité transfrontalière. Un fléau ayant pignon sur rue aussi bien en Afrique que dans le reste du monde. La maitrise parfaite des nouvelles technologies de l’information et de la communication par les malfrats compromet grandement les efforts fournis par les Etats dans les stratégies de riposte. Le procureur général a recommandé une coopération plus accrue entre les Etats pour vaincre cette nouvelle forme de tuerie. Parmi les personnalités présentes, l’on a pu remarquer, Aboubakary Abdoulaye,  premier vice-président du Sénat, Ayang Luc,  président du Conseil économique et social, Samuel Fonkam Azu’u, le président du Conseil électoral d’Election’s Cameroon, de nombreux membres du gouvernement, des représentants du corps diplomatique accrédités à Yaoundé, de nombreux magistrats etc.

Avant l’ouverture de l’audience solennelle de rentrée de la Cour suprême, le premier président a diligenté la prestation de serment de Mohamadou Boubakar nommé par le chef de l’Etat le 9 septembre 2013 comme membre du Conseil électoral.

Focal Comprendre la rentrée de la Cour suprême

Ainsi donc, l’audience solennelle de rentrée de la Cour suprême s’est tenue hier, jeudi 27 février 2014. Il s’agit d’un moment important pour la haute juridiction qui consiste à boucler les activités de l’année écoulée, tout en ouvrant celle de l’année en cours. A cette occasion généralement, le procureur général présente ses réquisitions portant sur un thème précis sur la forme d’une leçon inaugurale. Cette année, Lissouck A Moulong a entretenu l’auditoire sur la criminalité transfrontalière.

Le premier président de la Cour lui, a axé son allocution du jour sur l’éthique et la déontologie chez les magistrats. Exceptionnellement, cette séance à été précédée par la prestation de serment d’un membre du conseil électoral d’Election’s Cameroon nommé le 9 septembre 2013 par décret présidentiel. C’est un rituel qui se fait chaque année, et auquel prennent part les présidents des tribunaux d’instance et les invités spéciaux.

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