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Déviances au front : quatre militaires radiés de l’armée

Déviances au front : quatre militaires radiés de l’armée

Le ministre délégué à la Défense déterminé à rétablir l’ordre au sein des forces de défense.

On en sait un peu plus sur les sanctions prises le 15 novembre dernier par le ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, à l’encontre de certains militaires reconnus coupables de « faits graves avérés contre l’honneur et l’éthique des forces de défense » en zone d’engagement.

Les premiers rapports transmis au chef suprême des armées fait état de quatre soldats radiés et emprisonnés. Les militaires sanctionnés étaient principalement au front dans la région de l’Extrême-Nord. Dans son communiqué qui a évité à dessein de rentrer dans les détails, « pour garder sauf l’honneur de l’armée camerounaise », Joseph Beti Assomo, évoque des « actes odieux et heureusement isolés d’une minorité de militaires qui entachent l’image des forces de défense, au moment où celles-ci font face avec abnégation et courage aux menaces protéiformes qui interpellent notre pays ».

Au sujet des agissements des mis en cause, une source au sein de la « grande muette » parle de « vols, viols et braquages susceptibles de briser le lien armée-nation dont l’importance n’échappe à personne par ces temps de guerre contre Boko Haram ». L’article 22 du décret n°2001/188 du 25 juillet 2001 portant statut particulier du corps des officiers d’active des forces de défense renseigne davantage sur les infractions qui peuvent conduire à une radiation de l’armée camerounaise.

Celle-ci peut être prononcée de plein droit « à l’encontre des officiers s’étant rendus coupables d’assassinat, de viol, de vol aggravé, de détention et d’utilisation illégale d’armes de guerre, de participation active à une insurrection, de sabotage ou de destruction de matériel de guerre, d’une condamnation définitive privative de liberté égale ou supérieure à six mois sans sursis, d’atteinte à la sûreté de l’Etat, d’actes de grand banditisme, de désertion pour une période égale ou supérieure à trente jours ».

Les sanctions prises le 15 novembre dernier à l’encontre de ces militaires interviennent après la descente sur le terrain de Beti Assomo dans la région de l’Extrême-nord, du 26 au 30 octobre dernier. Au niveau du Mindef, des plaintes des populations à l’encontre de certains soldats en faction dans cette partie du Cameroun avaient déjà été enregistrées. Le 21 octobre 2015, une base du Bataillon d’intervention rapide (Bir) dans la localité de Maga (département du Mayo Danay) a même été incendiée suite à des heurts entre des soldats de la Marine nationale et les populations locales, très remontées contre les mesures de sécurité jugées abusivement restrictives.

Par les actes pris le 15 novembre, Beti Assomo envoie un signal fort quant à sa détermination de ne « reculer devant rien » pour tordre le coup à l’indiscipline. « Le nombre de soldats punis n’est pas important. Ce qui compte, c’est la volonté ferme du ministre délégué à la Défense de sanctionner pour décourager des pratiques qui n’honorent pas l’armée camerounaise et qui fragilisent le concept de défense populaire », insiste une source au sein du haut commandement.

Beti Assomo semble être-là dans son élément. Alors qu’il était gouverneur du Littoral, une bagarre survient le 5 octobre 2014 entre gendarmes et policiers au rond Point Déido et une autre le 7 octobre 2014 entre gendarmes et garde-prisonniers. Sur instruction du gouverneur du Littoral d’alors, une commission d’enquête est mise sur pied le 8 octobre. Et le 14 octobre, le rapport de ladite commission est remis solennellement à Beti Assomo, en présence de la presse. Dans le document, des propositions de sanctions sont adressées à qui de droit. « Il en sera désormais ainsi. Au moindre pépin entre deux personnes appartenant à deux corps différents, il y aura une commission d’enquête mixte qui sera mise sur pied et des sanctions vont tomber. L’ordre doit régner. Douala a une population de près de 3 millions d’habitants. Si les hommes en tenue commencent à semer le désordre, que va faire la population ?», s’interrogeait alors le « chef de terre ».

 

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