Des ministres interdits de sortir du pays

Des ministres interdits de sortir du pays

Paul Biya aurait également instruit le retrait des passeports de certains.

Blocus total. Ou presque. Personne ne sort. La consigne a été donnée, selon nos sources, il y a un peu plus d’une semaine par le Chef de l’Etat, Paul Biya: aucun membre du gouvernement, sauf autorisation expresse du Président de la République, n’a plus le droit de sortir des frontières nationales. Cette mesure s’étendrait, jusqu’aux patrons des sociétés publiques et parapubliques ainsi qu’aux officiers supérieurs de l’armée. Que se passe-t-il, au juste? En faisant l’effort de sortir des réseaux de manipulation et d’intox de l’opinion publique, La Météo a en effet pu constater que le contexte actuel est marqué par une restriction exponentielle des mouvements d’un certain nombre de dirigeants dont certains, apprend-on, ont récemment vu leurs passeports retenus par les services spécialisés. L’affaire ne fera jamais l’objet d’une grande publicité, mais témoigne, à suffisance, de l’ambiance délétère qui règne dans le sérail.

Et, Paul Biya, indiquent les mêmes sources, n’est pas en ce moment, d’humeur à transiger avec la discipline de groupe dont lui seul maîtrise les ressorts. Il l’a réitéré mercredi dernier à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, alors qu’il s’apprêtait s’envoler pour le sommet de l’Elysée dédié la paix et à la sécurité en Afrique, avec comme point d’orgue, la situation en République centrafricaine (Rca) voisine. Parmi les dernières personnalités avec qui le Président de la République s’est entretenu avant son voyage, figure le Directeur général de la recherche extérieure (Dgre), Maxime Eko Eko. Le tête-à-tête entre les deux hommes a mis plus de temps qu’avec les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale, Marcel Niat Njifenji et Cavaye Yeguie Djibril respectivement, mais aussi avec d’autres proches collaborateurs.

Aucun témoin n’ayant assisté à l’échange au Salon d’honneur de Nsimalen, les supputations ne manquent cependant pas d’insister sur l’ambiance générale. Paul Biya aurait, ainsi, particulièrement insisté pour que son interlocuteur soit intransigeant vis-à-vis des demandeurs de sortie du Cameroun. Dans la foulée, les mêmes sources insistent pour affirmer qu’en ce moment, un certain nombre de décideurs, et pas des moindres, sont dans l’œil du cyclone à plus d’un titre. Et les regards de se porter sur l’imminence d’une révision de l’appareil gouvernemental avec, apprend-on, une réduction du nombre de départements ministériels. A quoi s’ajoute la situation des dossiers de certains, qu’on dit suffisamment avancés aussi bien au Contrôle supérieur de l’Etat (Consupe), à l’Agence nationale des investigations financières (Anif) ou encore la Commission nationale anti-corruption (Conac). C’est dire si l’heure est grave. Si les jours qui vont suivre promettent des larmes et des sensations fortes en haut lieu, avec un chamboulement à grande échelle de l’appareil dirigeant potentiellement accompagné d’arrestations en série.

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