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DES MILITAIRES SÉQUESTRENT ET BASTONNENT DES POPULATIONS

DES MILITAIRES SÉQUESTRENT ET BASTONNENT DES POPULATIONS

Ces représailles ont été conduite en réaction à la mort d’un des leurs.

Les habitants du quartier Doualaré II à Garoua n’oublieront pas de si tôt la nuit du 12 au 13 décembre 2014 quand ils ont été séquestrés entre 20 h et 21 heures par des hommes en tenue. Armés de fusils et de matraques, ils ont passé la population à tabac et perquisitionné 43 concessions dont celles de l’adjudant Payimi, de l’adjudant-chef Domga, du capitaine Djakba et de l’officier de police Mamat. «Les militaires ont formé deux groupes : un premier s’est posté au «Carrefour 8» et un autre, un peu plus au nord. Ils ont tiré en l’air durant une quinzaine de minutes. Les gens se sont barricadés chez eux, croyant à une attaque de Boko Haram.

Peu de temps après, les militaires ont pénétré dans des concessions et violentés ses occupants. Certains se plaignent d’avoir perdu de l’argent, d’autres des téléphones portables», explique Hamadou Abdoulaye, un riverain. L’affaire puise ses racines dans la soirée du 07 décembre 2014 quand un jeune homme blessé à la main est retrouvé couché à la périphérie du quartier Doualaré II. Le chef du quartier, Abdoulaye Galda, est informé et le malheureux, conduit à la brigade de la gendarmerie de Laïndé.

Les gendarmes découvrent que l’infortuné est un soldat de deuxième classe en service à la base militaire de Garoua et le transfèrent le même jour dans son unité. Le 12 décembre 2014, le bidasse décède à l’hôpital de la garnison de Garoua où il avait été admis dans la journée du 07 décembre 2014. Quelques heures après le décès de leur camarade, des militaires en civil se présentent à la chefferie du quartier. Ils déclarent être venus de Yaoundé pour enquêter sur les circonstances de la mort de l’homme en tenue. En compagnie du chef, ils sillonnent le quartier interrogent des habitants.

«Avant de partir, ils m’ont remercié pour la collaboration que je leur ai apportée. Curieusement, dans la nuit, c’est une soixantaine de militaires qui ont investi le quartier, tirant en l’air. Une voix ordonnait : Alexis, tire! Alexis, tire! Ils ont fouillé les maisons et emporté des biens des populations. Plusieurs cas de blessures et de fractures sont enregistrés», déclare le chef de 3ème degré du quartier Doualaré II.

Le 15 décembre 2014, le chef de quartier a saisi le sous-préfet de Garoua 2ème et joint à sa correspondance la liste des victimes. «Justice doit être rendue. Il n’est pas admissible que des militaires se déchainent ainsi contre de paisibles citoyens. Je suis un homme en tenue à la retraite. Je sais donc de quoi je parle», déclare l’adjudant Payimi. Les victimes espèrent retrouver leurs bourreaux. Les autorités disposent déjà de quelques indices. Par exemple, le béret d’un militaire en «opération» ce jour et qui porte le nom d’un certain Laïdé Gomu

 

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