DES MARCHÉS BAIGNENT DANS L’INSALUBRITÉ À DOUALA

Les opérations de nettoyage prescrites ne font pas encore reculer le poids des ordures dans plusieurs espaces marchands de cette ville.

La boue et les eaux qui ruissellent ne facilitent pas toujours l’accès au secteur des légumes au marché Sandaga à Douala. La proximité des denrées alimentaires avec la poubelle, ce 18 juin, en rajoute à l’état d’insalubrité dans lequel loge cet espace marchand. L’usager qui s’y rend a du mal à se frayer un chemin du fait des pistes glissantes. Une mixture de débris d’aliments et des tiges de légumes en pleine décomposition jetés par des commerçants renvoie des effluves nauséabonds. Non loin delà, une poubelle s’étend à perte de vue, preuve que les ordures traînent depuis longtemps.

Un cliché qui n’est pas reluisant. A en croire les commerçants rencontrés, il y a deux jours (16 juin, Ndlr) que le dépotoir créé à cet endroit a été vidé. En peu de temps, les ordures ont pris une proportion inquiétante. « Nous sommes au marché. Comment allons-nous faire pour éviter l’insalubrité? », banalise une cliente qui prend son repas. Les conditions dans lesquelles sont concoctés les repas proposés aux clients laissent à désirer. La horde de mouches qui se dépose sur les repas est favorisée par les eaux parties de la poubelle qui stagnent à cet endroit. Le portail des camerounais de Belgique. La vendeuse envisage de faire la propreté dans son restaurant à la fin de la journée. Reste que les responsables du marché Sandaga ne sont pas insensibles à ce visage hideux. « Le marché est reparti en secteurs et chaque secteur a, à sa tête, un dirigeant qui doit veiller à son balayage tous les jours. Les commerçants contribuent financièrement pour cela, surtout que ces responsables s’exposent à des sanctions au cas où le secteur n’aurait subi aucun soin », explique le collaborateur du régisseur dudit marché, M. Ndoumbe, qui regrette la négligence des commerçants du secteur des légumes. Il leur reproche de laisser les déchets sur les espaces qu’ils occupent, au lieu de les déposer à la poubelle.

La situation n’est pas différente au marché central où un ravin d’environ sept mètres de longueur, rempli d’ordures ménagères, laisse répandre des odeurs répugnantes. Ce phénomène ne retient pas l’attention des commerçants qui installent leurs étals et tables, tout autour. « Je vends mon poisson ici depuis plusieurs années, et, chaque fois, c’est pareil. Je ne peux pas laisser ma place sans avoir une autre option », explique une vendeuse. Dans ce marché, les responsables semblent embarrassés. « Ça fait des mois que nous avons signé un accord avec la société en charge de la collecte des déchets. Je collectais les fonds auprès des commerçants, puis j’appelais ladite société pour vider les dépotoirs », révèle l’un des coordonnateurs du marché central. L’accord a volé en éclats, puisque les mêmes commerçants, informe notre source, ont refusé de respecter les clauses, s’appuyant sur le fait qu’ils ne peuvent pas payer deux taxes pour le même service.