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Des assaillants armés font trois morts à TOUBORO

Des assaillants armés font trois morts à TOUBORO

Lourdement armés, ils s’en sont pris à la famille de Alhadji Moussa Laolo.

Scène de panique à Touboro dans la nuit du 11 au 12 mars 2014. Entre 24h55 et 1h15 du matin, des hommes lourdement armés ont attaqué la concession du nommé Alhadji Moussa Laolo située au carrefour Ngoumi. Une fois pénétrés à l’intérieur, les assaillants ont tiré des coups de feu nourris en direction des chambres, tuant deux membres de la famille et blessant quatre autres. Aïssatou Hamadou, une des deux épouses de Alhadji Moussa Laolo, qui passait la nuit en sa compagnie, a été criblée de balles. De même, son fils Ibrahim Al-Moussa Laolo, élève en classe de 5eme au lycée de Touboro, a perdu la vie pendant l’assaut. Les quatre autres blessés sont respectivement son autre épouse et ses trois enfants.

L’un des trois, Oumarou Laolo, âgé de 6 ans, succombera dans la journée du 12 mars de suite de ses blessures. Sa mort porte donc à trois le nombre de décès enregistrés à ce jour.

ATTAQUE

L’attaque a été d’une violence inouïe si l’on s’en tient aux impacts de balle visibles sur les différentes portes des chambres qui servaient d’abris aux membres de la famille. «Ils tiraient pour tuer. J’ai entendu plusieurs coups de feu dans la nuit», commente Koumaï Alim, riverain et conseiller municipal de la commune de Touboro. Un autre riverain, le nommé Nana, qui croyait à une attaque du domicile du maire situé non loin de là a reçu une balle au niveau de la cheville quand il a voulu s’enquérir de la situation. Pour le reste, c’était le branle-bas dans la ville, les populations croyant à une attaque des rebelles se barricadaient dans leurs domiciles.

«Le quartier était plongé dans le noir comme d’habitude et il était difficile de se faire clairement une idée. Nous ne sommes pas loin des foyers de tension et beaucoup ont pensé à une attaque des rebelles venus des pays voisins», poursuit Koumaï Alim. Les forces de l’ordre, arrivées rapidement sur les lieux n’ont malheureusement pas mis la main sur les assaillants. Sur  l’identité des assaillants, aucune information n’a fuité pour l’instant. Quant à leur nombre, Alhadji Moussa Laolo déclare avoir vu au moins cinq assaillants. Il explique avoir échappé à leur vigilance et que c’est en escaladant le mur de sa concession pour trouver refuge à l’extérieur qu’il a aperçu ces hommes lourdement armés, tirant dans tous les directions.

Autant le nombre d’assaillants reste encore inconnu, autant les raisons pour lesquelles ils s’en sont pris à Alhadji Moussa Laolo demeurent elles aussi mystérieuses, l’intéressé affirmant ne pas comprendre lui-même les raisons d’une telle attaque. Jusqu’à il y a quelques mois, Alhadji Moussa Laolo, chef de la communauté peule de Touboro, était un homme clé dans le dispositif du lamido de Rey-Bouba. C’est lui en effet qui collectait auprès des éleveurs de l’arrondissement de Touboro la zakat pour le compte d’Aboubakary Abdoulaye, premier vice-président du Senat et lamido de Rey- Bouba. «Il prélevait chez chaque éleveur des têtes de boeufs pour le compte du lamido. Il était puissant, mais aussi détesté par les éleveurs qui  payaient cet impôt traditionnel le coeur serré», explique Yaya Abdou, commerçant à Touboro.

Mais tout s’est gâté entre lui et le souverain lors de la dernière campagne municipale de septembre 2013. Séduit par la campagne de l’Undp qui disait vouloir mettre un terme à la zakat dans l’arrondissement de Touboro, il avait rejoint avec armes et bagages la formation de Bello Bouba Maïgari. Abandonnant du même coup le lamido, le Rdpc, et la collecte des boeufs… D’autres sources mettent en avant la collaboration de ce père de famille avec les autorités. «Il fournit régulièrement des informations sur les coupeurs de route et cette affaire peut-être liée à cela. Ils ont voulu lui régler son compte», explique cette source sécuritaire locale. Règlements de compte ?

L’enquête ouverte le dira. Mais toujours est-il que cet incident remet au goût du jour le problème d’insécurité qui règne de plus en plus aux frontières.

 

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