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DÉPOUILLE D’AHIDJO : MÉDIATIONS INFRUCTUEUSES

DÉPOUILLE D’AHIDJO : MÉDIATIONS INFRUCTUEUSES

Plusieurs médiateurs ont reculé après avoir tenté de rapprocher des positions antagonistes.

Mme Germaine Ahidjo a récemment fait le décompte de quelques médiations infructueuses engagées pour le rapatriement de la dépouille de son époux au Cameroun : « Je suis sûre que le président Houphouët a fait des médiations, le président Abdou Diouf certainement puisque lui nous avait chez lui, et le président Zinsou et ça n’a rien donné », s’est-elle confiée à Rfi. Emile Zinsou, ancien chef d’Etat du Bénin, réputé proche de l’ex-président camerounais, a d’ailleurs été reçu en audience par le chef de l’Etat, Paul Biya, le 30 mars 2008 à Yaoundé.

Il y a plus de six ans. « J’ai plusieurs fois parlé du problème du transfert du corps d’Ahidjo pour qu’il puisse reposer dans son pays et dans sa ville, Garoua », écrira Émile Derlin Zinsou, dans En ces temps-là… (Riveneuve Éditions, 2013). « Le président Biya m’a toujours reçu avec amitié et écouté avec une grande attention. ». Il est évident que l’écoute n’a pas permis de dissiper les incompréhensions.

Autre médiation révélée dans un article de Jeune Afrique d’octobre 2013, celle attribuée à Marafa Hamidou Yaya, ex-secrétaire général de la présidence de la République et ancien ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, aujourd’hui en prison. Selon l’hebdomadaire panafricain, il « avait en son temps promis de faire du retour de la dépouille d’Ahidjo, originaire de Garoua comme lui, une priorité. »

L’une des dernières initiatives en date est celle d’une Ong camerounaise baptisée Justice Plus à laquelle s’est associé le Centre africain d’études stratégiques pour la promotion de la paix et le développement (Caped). Ces deux structures, alors animées par Aboubakar Ousmane Mey et Alain Fogué avaient programmé une conférence publique les 07 et 08 février 2014 à Garoua, la ville qui a vu naitre Ahmadou Ahidjo. Le thème central arrêté était : ‘‘panser les mémoires plurielles blessées pour repenser le Cameroun’’.

La réflexion devait se faire sur le sous thème : ‘‘au-delà des heurts et malheurs historiques, liés à l’exercice du pouvoir, comment la nation peut-elle être reconnaissante à Ahmadou Ahidjo ?’’. Cette conférence sera interdite. Cette offre d’Alain Fogue n’avait visiblement pas séduit ceux qui décident : « Il est indispensable, disait-il pourtant, de rapatrier les dépouilles de ceux des compatriotes morts en exil pour des raisons politiques. Cette action qui vise à désamorcer les tensions, inutilement entretenues autour de nos morts le long de l’Histoire de notre pays, est incontestablement du domaine de l’Etat ».

 

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