Denise Fampou, le maire de Douala 2ème, veut arracher la gestion des marchés à Fritz Ntonè Ntonè, le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala

L’exécutif municipal de Douala 2ème qui s’est réunion en session extraordinaire s’appuie sur un décret signé le. 8 juin 2015 pour revendiquer la gestion des marchés. Fritz Ntonè Ntonè parle de mauvaise interprétation des textes et s’accroche

C’est une véritable déclaration de guerre que le maire de la commune urbaine d’arrondissement de Douala 2ème et son conseil municipal ont faite jeudi 16 juillet 2015 à la Communauté urbaine de Douala (Cud). Réuni au siège de la mairie de cet arrondissement phare de la ville de Douala, le conseil municipal a voté l’incorporation des marchés au patrimoine de la commune. Le maire Denise Fampou explique l’acte ainsi posé par le décret  N° 2015/1375/PM signé le 8 juin 2015 par le Premier ministre Philemon Yang. Celui-ci stipule dans son article 13 alinéa 1 que « La commune gère les marchés installés sur son territoire » et aussi déclare en son article 5 alinéa 1 que « les compétences transférées par l’Etat en matière de construction, d’équipement, d’entretien et de gestion des marchés, sont exercées par les communes (…) ».

Le maire Denise Fampou justifie encore la décision de sa commune par l’article 12 de la Constitution du Cameroun, aux articles 15, 110 et 120 de la loi fixant les règles applicables aux communes, « à l’Histoire qui enseigne que la Communauté urbaine de Douala n’existe que depuis 1987 et le Marché central construit par l’Etat a été inauguré le 28 novembre 1981 ». La suite de l’allocution prononcée par Madame le maire renvoie aussi au processus de décentralisation «  irrémédiablement enclenché par le président Paul Biya qu’elle cite au passage dans un discours datant du 1er décembre 2009.

Pour le 4ème adjoint au maire, le conseiller municipal du parti d’opposition Sdf Jean Robert Wafo, la récupération de la gestion des marchés de Douala 2ème vise à renforcer l’orthodoxie budgétaire de la commune. Il s’en prend à des « fossoyeurs de la République tapis dans l’ombre qui ont manifestement décidé d’entrer en rébellion contre le Premier ministre. Pour lui, « le Premier ministre ne saurait en aucun cas être la serpillère de la République sur lequel n’importe quel quidam en bas de l’échelle administrative viendrait essuyer ses chaussures ».

Contacté par cameroon-info.net, le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala refuse de prendre en considération la décision de la mairie de Douala 2ème.  « Je suis solidaire de la position du représentant du préfet qui disait qu’il fallait se référer. C’est une décision peu cavalière, une décision locale une mauvaise interprétation des textes. Le marché central et les autres marchés restent dans le portefeuille de la Communauté urbaine de Douala ». Les prochains jours risquent de raviver la crise déjà profonde entre la Cud et la Commune d’arrondissement  de Douala 2ème.