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Denis Nkwebo (Président intérimaire du Syndicat National des Journalistes du Cameroun (SNJC)): «Tout bon journaliste doit condamner la marche patriotique du 28 février»

Denis Nkwebo (Président intérimaire du Syndicat National des Journalistes du Cameroun (SNJC)): «Tout bon journaliste doit condamner la marche patriotique du 28 février»

Pour le rédacteur en Chef adjoint du Quotidien privé Le Jour, l’implication des journalistes à une telle manifestation est contraire à l’éthique et à la déontologie professionnelle.

Denis Nkwebo, président du bureau intérimaire du Syndicat National des Journalistes du Cameroun (SNJC) n’a pas apprécié l’implication de ses confrères dans l’organisation de  la grande marche patriotique qui a eu lieu le samedi 28 février 2015 à Yaoundé. Il estime qu’en étant à la première ligne de cette manifestation, Thierry Ngogang, Guibai Gatama, Eric Benjamin Lamerre, Polycarpe Essomba et les autres ont violé les règles d’éthique et de déontologie de la profession. « Sur le principe même de l’implication des journalistes es qualité dans cette marche, cela est contraire à la charte de Munich qui interdit toute prise d’intérêt. Vous avez constaté que des gens ont organisé la marche et ont même fait la grande une de leurs organes de presse avec cette marche. Il fallait invoquer la clause de conscience pour ne pas être juge et partie, pour ne pas s’interviewer soi-même dans son propre organe de presse pour ne pas faire des reportages sur l’évènement qu’on a soi-même organisé. C’est contraire à toute l’éthique professionnelle, ça ne se fait pas. Tout bon journaliste doit condamner cela », pense le rédacteur en chef adjoint du Quotidien Le Jour, interrogé par Cameroon-Info.Net.

De plus, le reporter qui a récemment couvert la guerre entre l’armée camerounaise et les éléments de la secte islamiste Boko Haram à l’Extrême Nord du Cameroun, pense que ces confrères ont discrédité l’ensemble de la corporation et placé les journalistes en « situation belligérante » avec la secte islamiste Boko Haram. « Sereinement, nous devons faire des enquêtes et reportages sur Boko Haram. Et pour cela, nous ne devons pas nous identifier comme étant ceux qui organisent des marches pour le compte d’un gouvernement, pour le compte des ministres qui se cachent, ce n’est pas le rôle d’un journaliste », martèle Denis Nkwebo qui dit s’exprimer en son nom propre. Il se dit par ailleurs contre l’idée d’une marche patriotique organisée par des « personnes qui ne sont pas des patriotes ». «En tant que citoyen, je suis contre le fait que des personnes qui détournent les fonds publics au Cameroun, des personnes notoirement connues pour leur corruption prétendent parler en tant que patriote. Parce que être patriote signifie aimer son pays. Et on ne peut pas aimer son pays en volant le bien qui appartient à tous à son profit, à son compte personnel », indique-t-il, faisant référence aux nombreux  membres du Gouvernement qui ont activement participé à cet évènement. Une forte implication gouvernementale qui irrite aussi Henriette Ekwe, une doyenne de la presse camerounaise. Elle accuse certains ministres d’avoir  distillé dans la presse qu’au lieu de Boko Haram, il s’agissait plutôt d’une rébellion dans la partie septentrionale du Cameroun. « Aujourd’hui, ils sont incapables de démontrer que c’est une rébellion. Et ils viennent, après combien de mois qu’on soit entrés en guerre pour organiser une marche. C’est lamentable », regrette l’ancien Directrice de Publication du journal Bebela qui s’insurge aussi contre la discrimination de l’Etat qui autorise les marches de soutien à l’armée camerounaise à certains et en interdit à d’autres.

 

 

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