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Délestage à l’Est : Le gouverneur redoute des émeutes

Délestage à l’Est : Le gouverneur redoute des émeutes

M.. Samuel Dieudonné Ivaha Diboua a incriminé Aes Sonel lors d’un conclave avec le secrétaire d’Etat à la Défense chargé de la Gendarmerie nationale (Sed), M. Jean Baptiste Bokam.

«Les délestages sont le premier problème qui peut être à l’origine de troubles à l’ordre public dans notre région. On ne comprend plus rien. Les programmes de délestages ne sont plus respectés et ça nous pose de sérieuses difficultés », a déclaré Samuel Dieudonné Ivaha Diboua. Le gouverneur de la région de l’Est a saisi l’occasion de la séance de travail qui a suivi l’installation du colonel Joseph Enow Eyong comme nouveau commandant de la Légion de gendarmerie de cette partie du pays. Le gouverneur de l’Est dit au Sed qu’« heureusement pour nous autres autorités administratives, nous avons des populations patientes.

Si tel n’avait pas été le cas, nous aurions eu des émeutes à Abong-Mbang, Batouri, Bélabo et dans d’autres villes de la région où le courant est vraiment rare et arrive par intermittence ». Seulement, M. Ivaha Diboua a omis qu’il y a quelques semaines, précisément le vendredi 21 mars 2014, les populations de Batouri, le chef-lieu du département de la Kadey, ont bloqué l’entrée sud de cette ville en s’installant pendant toute une journée sur le pont du fleuve qui donne son nom à ce département. Ces habitants marquaient leur hostilité aux «nombreux délestages dont nous sommes victimes depuis quelques semaines sans qu’Aes Sonel ne prenne la peine de nous informer à l’avance afin que nous prenions les dispositions qui s’imposent, surtout pour nos appareils électroménagers ».

Bien plus, selon des sources concordantes sur place, «les populations de Batouri se soulevaient ainsi pour tirer la sonnette d’alarme quant aux mauvais résultats scolaires de leurs enfants qui se profilent à l’horizon ». Même la descente de M. Emmanuel Alpha, le préfet de la Kadéy, n’a pas suffi à faire reculer les manifestants qui avaient fini par lever leur siège deux heures après le retour de l’énergie électrique à Batouri. Les responsables d’Aes Sonel ont justifié cette situation par «la destruction des poteaux électriques, les feux de brousse, les abattages aux voisinages du réseau et les orages ».

Des soulèvements de même nature ont été évités de justesse dans d’autres villes de la région. Comme à Bétaré-Oya où, pour marquer sa désapprobation face à l’obscurité dans laquelle sa résidence était plongée, M. Simon Etsil, le sous-préfet, avait apposé des scellés sur le portail du bâtiment qui abrite la centrale thermique isolée de cette localité.

LES MENSONGES DE AES SONEL

On se souvient déjà que le vendredi 04 juin 2010, les responsables de Aes Sonel avaient été conviés par Adolphe Lélé Lafrique, alors gouverneur de la région de l’Est, à venir expliquer aux populations locales les raisons du déficit énergétique à l’orée de la coupe du monde de football. A cette occasion, le Dg de Aes/Sonel, M. Jean David Bilé avait dévoilé un programme de remise à niveau énergétique en 10 points « pour améliorer l’offre énergétique à court et à long terme et la qualité de service de Aes Sonel dans la région de l’Est».

Trois milliards de francs CFA devaient à l’époque être dégagés par l’entreprise pour réaliser ce plan qui se déclinait d’abord en « la décharge de la centrale de Bertoua qui n’alimentera plus Abong-Mbang qui sera directement reliée au réseau de Yaoundé à partir d’Ayos.» Jean David Bilé avait également promis la mise à disposition d’un quatrième groupe électrogène à Yokadouma et Garoua-Boulaï pour mi-juin 2010. A ce jour, on est loin du compte.

 

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