Déjà 168 kg d’or prélevés pour le compte de l’Etat

Depuis plus d’un an que le CAPAM encadre le secteur, les prélèvements estimés à un milliard de F en moyenne sont déposés chaque mois au Minfi.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le secteur de la production de l’or s’améliore considérablement au Cameroun. Car l’Etat en tire désormais des bénéfices.  Pour le compte du  mois de septembre dernier, il sera rétrocédé au ministère des Finances (Minfi) 63,414 kilogrammes d’or brut, prélevé auprès des sociétés productrices par le Cadre d’appui et de promotion de l’artisanat minier (CAPAM). Une quantité d’or d’une valeur financière estimée à 1,05 milliard de F. Le mois d’avant, c’est-à-dire en août 2015, le Minfi avait déjà reçu 58,483 kg d’or brute, soit 966 millions de F. Le total de 2015 (janvier-septembre) affiche actuellement 168,037 Kg évalués à plus de 3 milliards de F. Et pourtant, pour le compte de toute l’année 2012, le Minfi n’avait reçu en tout et pour tout que 36,884 kg d’or. L’on avait même chuté en 2013 pour se retrouver avec 31,760 kg, alors que les sociétés productrices se multipliaient sur le terrain, notamment dans la région de l’Est. Il était impératif pour le gouvernement d’assainir le secteur, afin d’avoir une meilleure visibilité sur la production réelle. D’où la réforme d’août 2014.

En effet, le 1er août 2014, un décret du premier ministre chef du gouvernement a modifié et complété certaines dispositions du code minier. Il en ressortait que « les parts de l’Etat et l’Impôt sur les sociétés (IS) sont directement prélevés sous forme d’équivalent en production totale brute (…). Ce prélèvement est fixé à 15% et est effectué par le CAPAM ». Depuis lors, les chiffres sur la production de l’or sont en nette croissance au fil des mois. Du moins, la part qui revient à l’Etat et donc, aux populations camerounaises. Pour ce faire, le CAPAM a dû gagner le pari de l’identification de tous les sites d’exploitation. Ce qui a permis de réduire considérablement le taux de clandestinité et ainsi limiter les pertes pour l’Etat. « L’on recense en ce moment 129 sites de production répartis entre la région de l’Est et celle de l’Adamaoua. Il y a un début d’extension dans la région du Sud au niveau de Mintom et un peu dans le Nord, où nous attendons dans les prochains jours le démarrage des chantiers », indique Joseph Mebenga Etoundi, chef d’unité au CAPAM.

Le CAPAM a également reçu mandat du gouvernement pour prélever les impôts auprès des producteurs de l’or. C’est dire que chaque mois, après avoir prélevé les 15% de quote-part de l’Etat, sur les 85% de production mensuel restant, le CAPAM perçoit 15% supplémentaire à réserver dans les comptes de la direction générale des impôts. A son tour, il encadre les sociétés en leur apportant des expertises techniques pour trouver de nouveaux sites, entre autres. Au finish, toutes les parties s’en tirent avec un peu d’or.