Décès d’un motard du peloton routier: ce qui s’est passé à Efok

La collision entre la moto de l’adjudant Bouba Gaston et d’une voiture a été provoquée par un mauvais dépassement  du chauffeur du véhicule. L’adjudant Bouba Gauthier, de la Brigade routière du Secrétariat d’Etat à la défense (Sed) accompagnait le cortège transportant la dépouille de Mgr Jean Marie Benoît Bala à Bafia mercredi, 20 août 2017. Assis sur sa moto, ce gendarme précédait le convoi pour dégager la route. C’est en effectuant sa tâche que ce jeune homme, la trentaine à peine entamée, va trouver la mort.

Mercredi, le cortège funèbre a quitté a cathédrale de Yaoundé pour Bafia. Avant d’y être, il devait faire une escale dans la localité d’Obala (région du Centre) pour une autre messe de requiem. Depuis la capitale, Bouba Gaston était à la tête du convoi et jouait le rôle d’éclaireur. Tout se passait bien jusqu’à l’arrivée de la délégation à Efok (département de la Lekié), non-loin d’Obala. Journal du Cameroun a appris que l’adjudant Bouba se serait arreté à un carrefour pour régler la circulation. Dans le cadre de cette activité, il aurait fait signe à conducteur de camion de s’arrêter. Pendant que ce dernier s’exécutait la voiture de marque Toyota qui le suivait derrière aurait accélérer pour le traverser. C’est ainsi qu’il aurait doublé le camion et percuté de plein fouet la moto de l’adjudant Bouba Gaston,  le trainant sur plus de 50 mètres. L’engin à deux roues en est sorti tout écrasé. Quant à son chauffeur, Il a écopé de graves lésions qui ont entrainé sa mort avant l’arrivée à l’Hôpital d’Efok.

L’adjudant s’en est allé, laissant derrière lui plusieurs enfants et une veuve.

«Je suis touché surtout que j’allais souvent à l’église avec son épouse. Bouba était mon élément, et au camp, nous étions voisins. En tant que chef, c’est navrant de sortir en groupe et de rentrer incomplet. Lorsque nous effectuons des missions comme celle-ci, c’est une joie de rentrer et de pouvoir dire à la hiérarchie que tout s’est bien passé. Dans ce cas notre joie a été gâchée», a déclaré le capitaine Essomba (nom d’emprunt) depuis la cour arrière de la Cathédrale St Sebastien de Gondon de Bafia. De Bouba Gaston, le capitaine garde le souvenir d’un homme «courtois», «très poli» et surtout «très calme et discret». Non loin de là, un groupe de six gendarmes trouvés en train de se restaurer lève leurs boissons en l’honneur du jeune Bouba Gaston. Ils ne l’ont pas connu mais sont informés du drame. Et démontrent ainsi «leur compassion au sort malheureux d’un frère d’armes». Avant eux, l’Archevêque Samuel Kleda a rendu un  vibrant hommage à cet homme, dans discours prononcé lors de l’office religieux d’inhumation de Mgr Jean Marie  Benoît Bala.