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Décès de Mgr Benoît Balla: Les enquêteurs exploitent des insectes

Décès de Mgr Benoît Balla: Les enquêteurs exploitent des insectes

Les enquêteurs exploitent des larves de mouches révélées à Tsang, la petite localité où le corps sans vie de l’évêque de Bafia a été retrouvé le 2 juin 2017.

Rien négliger qui pourrait permettre de faire la lumière sur la mort de Mgr Jean-Marie Benoît Balla. Porté disparu dans la nuit du 30 au 31 mai, le corps sans vie de l’évêque de Bafia a été repêché des eaux de la Sanaga dans le petit village de Tsang le 2 juin. Mais avant, son véhicule et ses pièces personnels avaient été retrouvés sur le pont d’Ebebda (environ 80 km de Yaoundé), avec un message qui laissait croire à un suicide.

Deux collèges d’enquêteurs ont été mis en place pour établir les circonstances d’une mort que certains attribuent à un assassinat. Une des équipes travaille d’ailleurs sur la piste de l’assassinat et l’autre sur la piste du suicide. Intégration en kiosque ce 12 juin révèle que ces enquêteurs n’ont pas hésité à faire recours aux insectes dans leur travail. Sous couvert d’anonymat, un cadre du Service centrale de recherches judiciaires de la gendarmerie nationale confie que «nous comptons obtenir deséléments probants de réponses dansles tous prochains jours. Des échantillonsde larves d’insectes (mouches,coccinelles et carabes) que nous avonsprélevés sur le corps de Mgr et dans lapériphérie de l’endroit où il a été découvertnous seront d’un grand apportdans la recherche de la vérité autourde ce drame».

Les échantillons en question, ajoute l’informateur, sont en observation dans deux laboratoires d’éco-entomologie distincts. «Le moment venu, nous allons confronterles deux, de manière à remonter lescénario de cette tragédie, notamment grâceaux œufs qui ont pu être pondus sur lecorps de l’évêque et grâce à l’âge des larvesretrouvées », explique le gendarme.

Dans la même veine, une source à la Direction de la police judiciaire fait savoir que «sur Mgr, on a trouvéquelques insectes, notamment desmouches venues se nourrir du cadavre.Il y avait aussi certains invertébrésqui se nourrissent des autres espècesanimales précédentes. Nous avons égalementdes insectes omnivores se nourrissantà la fois du cadavre et de lafaune présente sur le cadavre. On peutaussi mentionner la présence des insectesdits opportunistes, comme lesaraignées par exemple, dont la présencen’est pas systématique pour tous lescadavres mais due au hasard».

L’éclairage, apprend-on, pourrait venir des œufs de ces insectes.  «Nousavons là un matériau efficace pour ladatation du cadavre au jour près. Dansla théorie criminelle, il est reconnuqu’elles arrivent seulement quelquesminutes ou quelques heures après lamort d’un individu ou d’un animal.Elles viennent pondre leurs œufs oudéposer leurs larves dans les orificesnaturels. Ces larves deviennent adultesen deux semaines et là on pourra estimerl’intervalle de temps écoulé entrele décès et la découverte du corps», souffle la source.

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