Décentralisation. Près de 132 milliards FCFA destinés aux CTD

C’est le montant cumulé des appuis du Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunal (Feicom) aux communes et communautés, au cours des sept dernières années.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sur la période comprise entre janvier 2011 et mars 2018, le Feicom a injecté 131, 605 milliards de FCFA dans le financement des Collectivités territoriales décentralisées (CTD). Ces fonds ont ainsi permis de réaliser 1736 projets dans 366 communes et communautés urbaines au Cameroun. Selon la répartition sectorielle de ces financements, l’acquisition d’engins s’arroge la plus grande portion de cette enveloppe. D’après les statistiques actualisées de la banque des communes camerounaises, plus de 80 milliards de FCFA ont été consenti pour satisfaire ce besoin d’équipements de BTP. Soit 37% du montant global des interventions du Feicom au cours du septennat finissant du président Paul Biya.

Le Feicom a également contribué à l’enseignement, la formation et la recherche des agents communaux à concurrence de 19 milliards de FCFA. Pour ce qui est du secteur de la coopération décentralisée, le montant global des interventions du Feicom cumule à 6,3 milliards de FCFA. Il s’agit de la plus petite enveloppe suivant la répartition sectorielle. Et pourtant, près de 42% des projets financés par l’organisme dirigé par Camille Akoa, DG du Feicom, rentrent dans le registre de la coopération décentralisée.

12,5 milliards de FCFA pour les Communautés urbaines

Selon la typologie des municipalités, les données du Féicom font état de ce que, sur la période de référence, 12,5 milliards de FCFA ont été affectés aux Communautés urbaines. Ce montant représente « 10% du cout global des financement accordés », précise un cadre du Feicom. De même, les communes d’arrondissements ont bénéficié des financements à hauteur de 20 milliards de FCFA. Soit 15 % du volume total des fonds alloués. Le montant investi dans les autres communes se chiffre à 100 milliards de FCFA, soit un taux de 75%.

Une institution apolitique

L’analyse des rapports du Feicom confirme par ailleurs le caractère apolitique de cet organisme. A titre d’illustration, la région du Nord-Ouest a bénéficié de 11 milliards de FCFA sur l’intervalle 2011 – 2018. De ce montant, 9 milliards de FCFA, sont allés dans les caisses des communes dirigées par des magistrats municipaux issus du Social Democratic Front, principale force politique de l’opposition au Cameroun. De façon générale, 17% des projets accompagnés par le Feicom ont été en faveur des communes placées sous l’écharpe de l’opposition. Cette catégorie de commune à un poids relatif de 16,6%. Mais « dans certaines régions, le pourcentage de financement accordé aux communes dirigées par un exécutif d’un parti d’opposition, est parfois supérieur à leur poids», explique Camille Akoa. Le cas de la région du Nord en est un exemple. Alors que 27% des communes sont aux couleurs de l’opposition, ces dernières cumulent 48 % des financements injectés dans cette région par le Feicom.