Décentralisation : Douala II récupère le marché central a la Cud

La commune s’est dotée des résolutions permettant àl’exécutif communal de gérer les espaces marchands situés sur son territoire, conformément à l’application dudécret N°2015/1375/PM du 08 juin 2015. C’était au cours d’une session extraordinaire du conseil municipal tenue le 16 juillet dernier.

Une ambiance particulière a régné dans la salle Fampou David Dagobert le 16 juillet dernier,  en  présence  de Joseph André Eyebe Eyebe, 1er  adjoint  du  préfet  du département du Wouri, représentant le préfet Naseri Paul Bea. En fait, c’est qu’une session extraordinaire du conseil municipal de la commune de Douala II se tenait, à la demande des conseillers municipaux. Sous la présidence du maire, Me Denise Fampou. Ladite session était consacrée à l’incorporation des marchés installés sur le territoire de Douala II, dans le patrimoine de la commune. Les conseillers municipaux dans leur prise de parole ont dans un premier temps été «durs» envers la tutelle, «craignant» en quelque sorte que leur démarche ne soit validée par les instances supérieures.

Mais, en tant que représentant de la tutelle, le 1er adjoint préfectoral a rassuré les conseillers municipaux sur le rôle du préfet, consistant à veiller au respect et à l’application des lois de la République.  Les enjeux du conseil extraordinaire de vendredi dernier étaient immenses à plus d’un titre, car intervenant suite à la signature du décret  N°2015/1375/PM  du  8  juin  2015. Lequel décret fixe les modalités suivant lesquelles les communes exercent, à compter de l’exercice budgétaire 2015, les compétences transférées par l’Etat en matière de commerce. Notamment l’organisation des expositions commerciales locales : la construction, l’équipement, l’entretien et la gestion des marchés. L’article 13 dudit décret stipule que «la commune gère les marchés installés sur son territoire. Toutefois, elle peut confier la gestion des marchés installés sur son territoire à une autre personne morale, par voie de concession, d’affermage, de régie intéressée,  de  gérance  ou  à  travers  une société  d’Economie  mixte».

Pour  les conseillers municipaux de la commune de Douala II, ce décret du Premier ministre apparait comme une «victoire». Dans la mesure où ces derniers ont toujours été très acerbes  envers  la  Communauté  urbaine  de Douala (Cud). En effet, la super-mairie, malgré son budget colossal (plus de 50 milliards F Cfa), gère les marchés importants de la capitale économique, parmi lesquels le marché central de Douala, situé sur le territoire de la commune de Douala II.

Transfert de compétences et de ressources

Pourtant, selon Me Denise Fampou, la commune dont elle a la charge fait face à de nombreux  problèmes,  mais  les  moyens manquent pour les résoudre. Avec le vote de l’incorporation des marchés dans le patrimoine de la mairie, la commune disposera de moyens supplémentaires pour améliorer les conditions de vie de ses populations. Les nouvelles ressources seront orientées dans les actions au profit de la jeunesse et de la femme. A l’immédiat, fait savoir l’édile de Douala II, «un projet de la maison des jeunes est conçu et nous entendons l’ériger dans les  locaux  du  jardin  d’enfant  du  camp Yabassi, par la construction d’un bâtiment de type R+2 avec surface totale bâtie de plus de 500 m²».

Le premier magistrat de Douala II en est convaincu, «cette maison de Jeunes bien équipée en matériels et en ressources humaines permettra d’encadrer dans divers domaines (musique, sport en salle, cinéma, théâtre, peinture, arts plastiques etc.), la riche jeunesse de New-Bell. Nul doute qu’après Douala II, d’autres communes d’arrondissement du pays suivront la même démarche. Afin que le processus de décentralisation en cours soit davantage mis en musique, pour le bien-être des collectivités locales, tel  que  souhaité  par  le  président  de  la République. A preuve, lors de son discours prononcé à l’occasion de la célébration du cinquantenaire de l’Ecole normale d’administration  et  de  magistrature  (Enam)  en 2009, Paul Biya avait décliné les enjeux de la décentralisation.

«C’est-à-dire le transfert des compétences et des ressources aux collectivités locales. Ce ne sera pas la moins délicate, car il nous faudra alors passer de la théorie à la pratique. Nous avons l’obligation de réussite, car il ne s’agit rien de moins que de donner aux Camerounais au niveau local la possibilité d’être associés à la gestion de leurs propres affaires», avait déclaré le Chef de l’Etat.