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DÉBITS DE BOISSONS À LA SORTIE EST DE DOUALA : GROGNE DES PROSTITUÉES DÉSORMAIS AU CHÔMAGE

DÉBITS DE BOISSONS À LA SORTIE EST DE DOUALA : GROGNE DES PROSTITUÉES DÉSORMAIS AU CHÔMAGE

A la veille des fêtes de fin d’année, les filles de joie qui officiaient jusqu’à présent au lieu dit Carrefour Nelson Mandela plus connu sous l’appellation «Carrefour j’ai raté ma vie», peinent désormais à gagner un sou.

LES TRAVAUX en vue de l’élargissement de la pénétrante Est de Douala sont en cours d’exécution. Depuis quelques mois, les ouvriers de Razel sont à l’ouvrage de jour comme de nuit. Avec pour seul objectif : livrer le chantier d’ici 2016, comme annoncé par le Ministre des Travaux publics lors de son très récent passage dans la cité économique. Nous l’avions déjà évoqué dans nos précédentes éditions, de nombreux désagréments sont à noter depuis le début effectif des travaux.

Seulement, au fil des jours, et à mesure que les activités avancent, les ennuis sont de plus en plus présents. Les populations broient du noir entre les embouteillages et les démolitions des débits de boissons de grande renommée qui faisaient la pluie et le beau temps de leurs propriétaires et des filles de joie. Tout a été réduit en poussière sous les manoeuvres des Caterpillar. Il ne reste plus rien du Carrefour « j’ai raté ma vie ». Les lieux affichent un visage neuf. Tout est soudain plus aéré. Des snacks, bars, et domiciles à proximité de la voie publique qui servaient par ailleurs d’auberges ont été cassés.

Au grand dam des prostituées qui peinent à trouver un nouvel emploi. Des usagers de la route s’expriment : « la vie a perdu son cours normal ici à la Elf. Razel a tout détruit. Il nous a ainsi été dit que les débits de boissons détruits vont céder la place à la construction d’un échangeur dont les prémices sont déjà perceptibles. Les filles de joie pleurent puisque j’en connais qui sont dorénavant appelées à chercher refuge ailleurs ».

Elles ont perdu de leur éclat, ces call-girls. Dur mais très dur pour ces demoiselles mineurs pour la majorité de gagner la vie de la manière la plus facile qu’il soit. Il ne leur est plus possible de se planter en bordures de routes à une heure avancée de la nuit. L’insécurité y a davantage fait son lit. « Avant les casses, les débits de boissons nous servaient de refuge en cas de vols ou d’agressions. Les propriétaires étaient nos boucliers. Nous travaillons de connivence, chacun dans son domaine de compétence.

Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Nous ne saurions nous tenir dès à présent sur la voie publique pour chercher les clients. La sécurité n’y est plus. Ce n’est pas facile », avouent sous anonymat quelques unes avec qui nous avons discuté. Du côté de l’administration, c’est une satisfaction que le Carrefour Nelson Mandela mérite maintenant, si on peut le dire ainsi, de porter ce nom-là.

Pour cette dernière, il y va également de la lutte contre le désordre urbain qui gangrène les villes camerounaises, leur donnant l’apparence de vastes jungles fonctionnant sans lois, ni règles. Garages qui débordent sur l’emprise publique, réceptions et fêtes familiales entraînant l’occupation de la voie publique, nuisances sonores occasionnées par des discothèques, tapage nocturne orchestré par des voisins indélicats, insalubrité, habitat dans les zones impropres aux constructions …

Le répertoire des Camerounais en matière de désordre urbain est bien vaste. Pourtant, des textes régissant la vie et les activités dans les villes du pays existent. Mais, ils sont régulièrement foulés au pied par une population ignorante ou de mauvaise foi. «Le problème principal c’est qu’une grosse partie des habitants des villes est issue des campagnes. Cette cohorte essentiellement constituée de débrouillards transporte donc certaines mauvaises habitudes dans les villes d’accueil.

Beaucoup ne savent pas qu’il faut s’en référer aux autorités et aux textes règlementaires pour presque tout», assure-t-on du côté de la Communauté urbaine de Yaoundé.

 

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