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Débat public: Où sont passés les partis politiques ?

Débat public: Où sont passés les partis politiques ?

Double nationalité, crise centrafricaine, incursions de Boko Haram, prise d’otages, Cinquantenaire de la Réunification, etc., les sujets de débat ne manquent pas. Que cache ce mutisme ? L’activité politique a-t-elle pris ses congés au Cameroun ? On n’est pas loin de le penser au regard de l’apathie dont font preuve les différents partis politiques, hier si bruyants à l’orée et même pendant la dernière campagne électorale (municipales et législatives) ou celles qui l’ont précédée et, aujourd’hui si muets devant des questions d’intérêt national qui se posent avec acuité. On cherche en vain un communiqué de presse ou même une position affirmée et assumée de tel parti concernant tel sujet inscrit au débat public. Tout juste, quelques francs-tireurs plus ou moins marqués politiquement, parlant la plupart du temps en leur propre nom (« je n’ai pas été mandaté par le parti », tiennent-ils souvent à préciser dans les médias audiovisuels), pour porter le débat public. On a donc envie de poser la question : mais où sont passés les partis politiques ? Car les sujets qui fâchent ne manquent pas.

Que ce soit le débat sur la double nationalité illustré par la querelle qui oppose actuellement la ministre des Arts et de la culture au président élu (puis déchu) du conseil d’administration de la Socam (Prince Ndedi Eyango à qui il est reproché sa nationalité américaine); la crise centrafricaine qui a un impact non négligeable sur la sécurité nationale; les incursions répétées de Boko Haram au Grand nord et son incidence sur l’attractivité touristique du pays de même que les attaques de l’armée nigériane qui n’hésite pas à franchir les frontières camerounaises dans la traque des membres de cette secte islamiste; et last but not least, les relents de xénophobie équato-guinéennes contre nos ressortissants; il y a sans doute là de quoi occuper, au quotidien, l’espace public et faire valoir ses points de vue pour les partis politiques.

On aurait même pensé que ces sujets de l’actualité seraient plutôt du pain béni pour l’opposition dans la mesure où ils lui permettaient d’exister dans l’espace public et de prendre toute sa part dans le débat national. Car la dernière joute électorale s’est déroulée le 30 septembre dernier, c’est-à-dire depuis quatre mois déjà et, sauf en cas d’anticipation, la prochaine compétition électorale (notamment présidentielle), est attendue en 2018. D’ici à là, un désert de quatre années que les partis politiques doivent négocier tout en restant présents au sein de l’opinion publique nationale et surtout proches de leurs militants et sympathisants. Qui doivent piaffer d’attendre une ligne directrice claire de leur direction concernant les problèmes liés à leur existence, à défaut de donner la répartie au parti au pouvoir…

Mauvais procès

Depuis le déclenchement de la crise centrafricaine, que pensent le Sdf, le Mrc, l’Undp, et tutti quanti de la politique adoptée par notre gouvernement? Et quid  du nouveau report de la libre circulation des personnes et de biens dans l’espace Cémac? Déjà pas très imaginatifs même pendant les campagnes électorales, les partis politiques semblent avoir perdu complètement de leur superbe avec la fin de la fièvre électorale et déserté l’espace public où, pourtant, comme on vient de le voir, les sujets de débat ne manquent pas… Alors ?

«Si ce sont les choses sur lesquelles nous nous sommes déjà prononcés, que voulez-vous qu’on dise encore », répond Banda Kani, le président du Nouveau mouvement populaire (Nmp). Selon lui, il s’agit simplement d’une impression : « Quand on n’est pas entendu, peut-être qu’il vaut mieux se taire », avance-t-il. Mais, si le message ne passe pas, n’est-ce pas parce qu’il n’est pas structuré ? « Est-ce ma faute si les médias n’en parlent pas, se défend-il. Concernant par exemple la question de la double nationalité, le Nmp est clair : on ne peut pas servir deux pays à la fois. Sur la crise centrafricaine, le Nmp a été le seul parti à manifester au consulat de France à Douala pour dénoncer le rôle trouble de la France. Y a-t-il meilleure manière de prendre position ? » Pour Banda Kani, on n’est pas loin d’un mauvais procès aux partis politiques même s’il reconnaît que le silence de certains, peut paraître bien assourdissant concernant quelques sujets d’actualité brûlante…

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