DE, 15 MINISTRES POUR 83 MILLIONS D’HABITANTS : CAMEROUN,60 MINISTRES POUR 23 MILLIONS D’HABITANTS

[POINT DE VUE – CAMEROUN]

Si la qualité d’une gouvernance et l’efficacité d’un gouvernement dépendaient du nombre de ministres dans le gouvernement, l’Allemagne serait parmi les pays les plus mal gouvernés au monde, et le Cameroun serait au contraire parmi les mieux gouvernés, au moins de l’Afrique : 60 ministres pour 23 millions d’habitants (encore que le poste de Ministre des affaires maritimes, créé en janvier 2019 par M. Biya n’a pas été pourvu lors du dernier remaniement !!).

Soit un ministre pour 380 000 habitants. Pour l’instant, le Cameroun ne compte que 58 Départements administratifs. Et donc, on peut dire que si chaque fonctionnaire était évalué par rapport au volume de ses responsabilités à l’égard de la population, chacun de nos 58 préfets serait plus utile qu’un ministre.

Si on limite notre comparaison à la Côte d’Ivoire dont la population est égale à la nôtre, elle n’a que 43 ministres, soit un pour 550 000 habitants. L’info claire et nette. Ce qui est déjà mieux que le Cameroun. Malheureusement la question reste la même si on compare les 2 pays francophiles à l’Allemagne dont la gouvernance est à tout le moins la plus solide de l’Union européenne, on voit qu’elle n’a que 15 ministres pour 83 000 000 d’habitants, soit un ministre pour 5,5 millions de personnes. Comment donc font-ils pour avoir un gouvernement aussi efficace ? Simple : les portefeuilles là-bas ne sont pas des cadeaux offerts aux fonctionnaires !!

En effet, si on suppose, vrai le témoignage du prisonnier Marafat Amidou Yaya à qui M. Bya aurait dit, du temps où ils confidents, que dans cette pléthore ministérielle, il n’y avait que « dix ou quinze ministres, les autres étant des fonctionnaires à qui je (lui le président) fais des cadeaux… », on n’a plus à se demander pourquoi la gouvernance va à vau-l’eau tandis qu’il y a tant de ministre en prison pour détournements de fonds publics.

[InArticle]

En fait, M. Biya n’ayant révélé ni l’ampleur ni la nature du « cadeau » dont il gratifie ainsi 45 membres de ses gouvernements successifs depuis 36 ans, on peut supposer qu’il leur dit simplement : « prenez votre part pendant que je vous en donne l’opportunité ». Aussi, chacun peut-il se servir à sa guise dans les caisses de l’Etat jusqu’au jour où, se prenant la tête, il lorgne le fauteuil du prince, ou rêve de le prendre par la force (à l’instar d’un ancien ministre de la Défense bien nommé).

Alors le sinistre épervier se déploie les ailes, sort ses griffes et fond sur les impertinents qui osent cracher dans la main qui les a nourris…. Ses proies font l’objet d’un petit lynchage médiatique orchestré pour montrer que le prince est soucieux du bien public, elles sont ensuite mises au frais, et la tranquillité silencieuse retombe sur la cour. Tant pis pour les dommages causés au peuple et à nation par une gouvernance-néant, tant pis pour les milliards de francs qui ont fui le Trésor public pour toujours et qu’un tribunal très spécial se chargera de passer par pertes et profits…