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Dans la tanière: Amateurisme et incurie – La gouvernance de l’opportunisme et des improvisations

Dans la tanière: Amateurisme et incurie – La gouvernance de l’opportunisme et des improvisations

Au-delà du refus par les Lions indomptables de recevoir le drapeau du Cameroun des mains du Premier ministre et la volte face des joueurs réclamant du clinquant à un gouvernement obligé « le feu aux fesses» d’aller «dévaliser» les caisses d’une trésorerie un dimanche, se lit l’éternel désamour entre les joueurs de l’équipe nationale et la fédération camerounaise de football en cours de normalisation habituée à surfer sur les imprévisions et les évènements opportunistes.

Dans un stade Ahmadou Ahidjo archicomble, les Lions indomptables du Cameroun, après une prestation mièvre, ont refusé de recevoir des mains du Premier ministre, Philémon Yang, le drapeau du Cameroun. Selon les maîtres d’œuvre de ce sketch de mauvais goût, c’était l’occasion pour le gouvernement de concéder au « soldat » lion, l’onction patriotique de bravoure et d’engagement à rugir, face aux autres nations en lice au rendez-vous de la Coupe du monde de football au Brésil. En désaccord parfait avec les méthodes des gestionnaires de l’équipe nationale, les Lions ont décliné l’offre. Dans un entêtement spécieux et incompréhensible, tel un écorché vif, Yang Philémon a foncé sur la pelouse alors que les joueurs étaient rentrés dans les vestiaires. C’est sur les frêles épaules de l’entraîneur sélectionneur allemand, que le Pm, toute honte bue, trouvera des bras secourables. Avant de descendre dans l’arène du stade, au vu de certains signaux et les négociations menées par ses plus proches collaborateurs auprès des Lions, le Pm, savait qu’il courait vers l’humiliation et le déshonneur.

Cette blessure à peine traversée, alors que l’on croit Samuel Eto’o et ses coéquipiers en ordre de bataille pour prendre le vol à bord d’un avion spécial de la compagnie angolaise, le gouvernement qui revendique à cor et à cri, son emprise sur l’équipe nationale est une fois encore dos au mur. Les Lions qui se disent éternellement désabusés par la filouterie, exigent le payement immédiat de leurs primes. Une fois de plus, la fédé est dos au mur ! Le gouvernement rampe et bave à trouver (un dimanche où, tous les guichets des trésoreries sont fermés), une somme de plus du milliard Fcfa, pour répondre aux appétits et revendications de l’équipe nationale. A l’opposé de certains amateurs de foot et supporters de l’équipe nationale qui marquent leur indignation face à la gestion à la petite semelle de l’équipe nationale, ceux qui ont vécu les épopées des participations camerounaises aux éditions de Coupe du monde de 1990, 1994, 2002, 2010, pensent que c’est l’histoire qui se répète. Le Cameroun qui donne à chaque coup, une image écornée de ses participations à la Coupe du monde, refuse d’opérer une rupture managériale dans les pratiques et les mentalités.

Déficit organisationnel et structurel

Expériences d’ailleurs, rendu à quelques jours du démarrage de la compétition, les joueurs des équipes qualifiées reçoivent un coaching exceptionnel. Plus la fièvre grimpe, la concentration, et la motivation de remporter la coupe se disputent les esprits. Au Cameroun, le tableau sombre de la désorganisation, l’impréparation est telle que, déconcentrés, désappointés, désemparés et désarçonnés les différents acteurs préparent leur échec. Le gouvernement qui a essuyé ce que l’on peut considérer comme une humiliation grotesque et infamante est à l’origine de sa propre débâcle. Il est ainsi difficile d’y percevoir une trajectoire de victoires, construite sur des stratégies rationnelles et efficientes. « Comme on fait son lit, on se couche » enseigne l’adage. Passées l’édition de 1982 au cours de la quelle, les Lions indomptables s’étaient distingués par une bonne performance ; si l’on ferme les yeux sur l’épopée glorieuse et conquérante de 1990 qui permet aux lions de percer l’écran, les autres participations de l’équipe nationale ont toujours été accompagnées de scandales.

Une absence criarde de stratégies ; aucun indicateur qui montre à suffisance que la Fédé et le gouvernement ont bien conçu, pensé, structuré et déployé la mise en œuvre de l’évènement. Devant la gouvernance d’improvisation et d’opportunisme d’un régime qui n’organise pas le succès, en l’absence d’une politique sportive faite de programmation, le gouvernement qui est meurtri par divers chevauchements, le flou et les incohérences multiples, doit rompre avec le management de l’illusion ; celle de croire qu’on peut «inventer» les victoires. A l’ère de la mondialisation de l’audiovisuel, la participation de l’équipe camerounaise à un rendez-vous planétaire où, 32 finalistes viennent se donner à voir, doit être une occasion où les différents acteurs rivalisent d’adresse en termes de marketing économique, diplomatique, politique et socio-économique. Pour atteindre ces victoires, les différentes nations ont intégré cette notion. Au Cameroun, on continue à croire au maraboutisme et au fétichisme… Rideaux sur la République du provisoire et du tout est possible.

 

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