Cybersécurité : les gestes qui sauvent

Un séminaire de sensibilisation organisé à Garoua par l’Antic, en direction des utilisateurs de TIC de la région

Les chiffres communiqués par Ebot Ebot Enaw, le directeur général de l’Agence nationale des technologies de l’information et de la Communication (ANTIC) ont de quoi inquiéter. Des milliers de cas d’arnaques cybernétiques menées contre des particuliers, plus de 700 cas de cyber-attaques permettant des piratages de données, une vingtaine d’administrations publiques (dont l’Assemblée nationale ou la Crtv) dont les contenus de sites ont été modifiés illégalement, ou encore 38 milliards de F de pertes pour un opérateur de téléphonie mobile du fait de pratiques cybercriminelles, sont autant de méfaits recensés au Cameroun. L’espace web camerounais, dont la croissance est exponentielle sur les dernières années, a également vu croître le nombre et la diversité de ses menaces. Et il n’est pas un secteur, qui soit à l’abri des cybercriminels : particuliers, administrations, opérateurs économiques, organisations professionnelles et associatives. Et si aujourd’hui le Cameroun s’est doté d’un arsenal juridique de riposte, de structures de recueil et de traitement des plaintes et même d’acteurs chargés de la répression de ces infractions, le meilleur moyen de lutte reste encore la prévention, adossée au concept de cybersécurité.
La rencontre ouverte mercredi dernier à Garoua entre l’Antic et les populations du Nord à travers administrations et organisations du privé était justement centrée autour de cette question. Trois jours d’information et de sensibilisation, pour permettre aux usagers de TIC d’un côté de pouvoir identifier les différentes formes de criminalité cybernétique. Et de l’autre, de pouvoir s’en prémunir à travers un ensemble de pratiques, accessibles à tous.   En ouvrant les travaux, le gouverneur de la région du Nord Jean Abate Edi’i a souligné l’importance de cette démarche de l’ANTIC, car les TIC ont aujourd’hui un tel impact sur le développement et la croissance, que l’enjeu de la sécurisation de cet espace en devient primordial.