Crise dans le gouvernement: Humilié, le PM annule la décision de la Minac et recadre sa ministre pour insubordination

Philémon Yang, Premier ministre (PM) et chef du gouvernement camerounais, a annulé ce vendredi 22 mai 2015, la décision d’Ama Tutu Muna, ministre des Arts et de la culture (Minac,)-qui accordait un agrément à la Société camerounaise civile de la musique (Socacim)-, apprend «koaci».

C’est la crise la plus ouverte et publique, que vit le gouvernement camerounais actuel. Le conflit public, entre le PM et la Minac, a connu un nouvel épisode ce vendredi.

Dans un communiqué lu sur les ondes des médias à capitaux publics, Philémon Yang, a annulé l’agrément accordé-le 15 mai 2015 à la Socacim-, par la ministre des Arts et de la Culture.

La décision de la Minac, a été annulée par ce qu’elle n’avait pas reçu le «visa du PM, chef gouvernement », comme le prévoit, la règle en la matière, indique-t-on du côté des services du Premier ministre.

Le chef du gouvernement, a par ailleurs « recadré », la ministre, pour les actes qu’elle posera à l’avenir. Il lui est interdit par exemple, de délivrer les agréments aux sociétés de gestion du droit d’auteur et des droits voisins.

Pour mémoire, c’est en mai, 2008 que naît la crise dans le secteur de l’art musical au Cameroun. La Cameroon Music Corporation (CMC),-société du droit d’auteur et des droits voisins-, se voit retirer son agrément. La CMC engage une bataille juridique qui s’achève par une décision de la Cour suprême qui la rétablit dans ses droits.

La Minac, refuse de se soumettre à la décision de la Cour suprême, et crée la Socam, qu’elle dissout en décembre 2013, lorsque la Socam, rame à contre courants de ses injonctions. Plus tard, le premier ministre crée un comité Ad hoc, pour mettre de l’ordre dans le sous-secteur de l’art musical.

Le 18 avril, en plein travaux de ce comité, la Minac, convoque les artistes dans son village à Mbengwi, (Nord-Ouest du pays), et crée la Socacim, à qui elle donne l’agrément le 15 mai, par un simple communiqué de presse lu sur les ondes des médias à capitaux publics.

Le PM lui donne 48 heures pour annuler sa décision. Elle résiste à coup d’arguments en indiquant que la loi n° 2000/011 du 19 décembre 2000 relative au droit d’auteur et droits voisins,-et son décret d’application PM N° 2001/959 du 1er novembre 2001, fixant les modalités d’applications de la loi susvisée-, lui accorde toute la, « compétence légale dans la gestion du droit d’auteur ».

Le PM lui donne 48 heures. Le 22 mai 2015, il annule par décret, la décision de la Minac. Un revers pour la Minac, qui s’est illustrée ces derniers mois par une insubordination caractérisée, et que la presse appelle «la rebelle de la République».