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Actualités politique : Crise centrafricaine – Paul Biya snobe ses pairs de la Ceeac

Le président camerounais a préféré se faire représenter hier, à Ndjamena par son Premier ministre au sommet de la Ceeac déterminant pour la gestion de la crise centrafricaine.

Comment le chef de l’Etat camerounais a-t-il hiérarchisé les sujets abordés dans son discours adressé en réponse aux vœux du doyen du corps diplomatique hier au palais de l’Unité ? A-t-il emprunté au schéma de la pyramide inversée chère aux journalistes et de plus en plus raffolée par les administrateurs ? Si c’est le cas, ce serait grave, parce que le président camerounais a ouvert son discours par les sujets qui passent pour être du ressort du reste du monde. Il a abordé les questions syrienne, malienne pour chuter sur celle de la Centrafrique qu’il a simplement effleurée.

Le président n’a-t-il pas le cœur en Centrafrique si proche ? Pourquoi a-t-il choisi, de déléguer son Premier ministre, parler au nom du pays à côté de ses pairs de la Ceeac et notamment de la Cemac ? Pourtant, le sommet de la Communauté économique de l’Afrique centrale (Ceeac) qui s’est tenu ce jeudi 9 janvier, pour 48 heures, dans la capitale tchadienne est pour certains observateurs politiques, une dernière chance de trouver une solution à la crise centrafricaine. Le président de transition centrafricain, Michel Djotodia qui se trouve dans la capitale tchadienne pour cette rencontre médite sur ce qui l’attend. Ce sera sans Paul Biya.
Vox-Pop

Que pensez-vous de l’absence de Biya au sommet de la Ceeac sur la crise centrafricaine ?

Franck Hubert Ateba, acteur de la société civile

« C’est regrettable comme stratégie diplomatique »

La diplomatie camerounaise impulsée par M. Paul Biya qui pendant longtemps en réalité a été le ministre des Relations extérieures, avant de transformer ce ministère en ministère plein, parce que c’était un ministère délégué, est une diplomatie qu’on peut qualifier de couille-molle. Dans la mesure où c’est quelqu’un qui fuit la confrontation en réalité. Il a une logique, depuis que M. Djotodia est à la tête de la Centrafrique, M. Biya de façon diplomatique, mais très pertinente et même radicale a refusé catégoriquement de lui accorder son onction, de le cautionner. C’est ce qui caractérise son refus jusqu’à ce jour à participer à des réunions lorsque M. Djotodia est là ou non, des réunions qui, pour lui, seraient une façon de légitimer son pouvoir. Or, sur le plan diplomatique, il faut comprendre que l’intérêt supérieur devrait primer au-delà des égos et animosités des uns et des autres. Le  président camerounais, au lieu de faire la politique de la chaise vide, devrait peser de tout son poids pour être présent à ces assises dans la mesure où la déstabilisation de la Rca met le Cameroun dans le viseur.

Blaise Nang, journaliste

« Sa présence n’était pas très indispensable »

A propos de cette absence, et au-delà de ses absences constatées dans les sommets africains, je crois cette fois-ci, que celle-ci peut se comprendre dans la mesure où d’abord le Cameroun y est représenté par son Premier ministre, donc mieux représenté. En plus le président Biya en recevant ce jour les vœux de bonne année du corps diplomatique représenté au Cameroun, a l’occasion de donner la vision du Cameroun par rapport à la situation en Rca. De plus, il a reçu tout récemment un envoyé spécial du président tchadien. Je crois qu’avec lui, le président a eu à aborder ce problème, et a certainement indiqué la position du Cameroun par rapport à la situation qui prévaut en Rca. Donc enfin, je pense que sa présence n’était pas très indispensable, ce d’autant que son calendrier ne lui donnait pas assez de marges.

Madeleine Epape, communicatrice

« S’il prend parti, il y aura des représailles »

Je pense que le président de la République est plus occupé a gérer son gouvernement pour le moment. Certainement à cause du remaniement ministériel en préparation. Il va certainement agir plus tard, comme il sait si bien le faire, au moment où on s’y attend le moins. Je pense aussi qu’il essaye de gérer la libre circulation qui n’est pas effective dans la sous-région sauf au Cameroun. Enfin la sécurisation du territoire pour maintenir la paix et la stabilité du pays le préoccupe également. Mais au fond, j’opterai plus pour l’option selon laquelle il n’y participa pas par crainte, car, s’il prend partie ouvertement, il y aura certainement de graves représailles sur le Cameroun.

Denis Nkwebo, journaliste

« Le président pratique la diplomatie d’absence »

Cette absence peut s’expliquer par la précipitation avec laquelle le sommet a été annoncé par le Tchad. Le sommet coïncide avec la cérémonie des vœux de l’an à Biya. Mais il faut encore se demander si le président Biya se rend souvent à ce genre de rendez-vous. Disons en conclusion que Paul Biya pratique la diplomatie d’absence.

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