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Crise au Burundi: Pour Idriss Déby Itno, si la situation dégénère, l’Union Africaine fera usage de la force

Crise au Burundi: Pour Idriss Déby Itno, si la situation dégénère, l’Union Africaine fera usage de la force

Président de l’Union Africaine depuis le 30 janvier 2016, le Chef de l’Etat tchadien se dit très préoccupé par la situation au Burundi.

Le président du Tchad, Idriss Déby Itno, a été officiellement désigné pour occuper la présidence tournante de l’Union Africaine (UA) lors de la cérémonie d’ouverture du 26e Sommet, samedi 30 janvier. Dans une interview accordée au magazine panafricain Jeune Afrique, à paraître lundi 1er février 2016, le nouveau président de l’UA a indiqué que l’UA pourrait faire usage de la force au Burundi.
A la fin du 26e sommet de l’Union africaine tenu ce weekend à Addis-Abeba, les chefs d’Etat des pays membres de l’organisation ont renoncé à un plan qui prévoyait l’envoi de cinq mille soldats au Burundi. Ils ont préféré la poursuite des pourparlers entre le pouvoir et l’opposition au plan militaire africain, qui a été rejeté par les autorités burundaises, apprend-on. Bujumbura a déclaré que l’envoi de soldats de l’UA sur son territoire allait être considéré comme une atteinte à son intégrité territoriale. Les soldats de l’Union africaine devaient assurer la sécurité des civils, selon l’organisation panafricaine.
«Nous avons donné une chance au Burundi et au président Pierre Nkuruniza de résoudre cette crise. Nous souhaiterions que cela soit réglé par un dialogue avec une initiative du président burundais», a déclaré Idriss Déby Itno. L’UA n’a donc pas totalement renoncé à envoyer des troupes au Burundi. En revanche, il n’est plus question de les envoyer sans le consentement du gouvernement burundais. Pour tenter de l’obtenir, l’UA va mettre sur pied une délégation de «hautes personnalités» dont la mission sera de discuter «du dialogue inclusif et du déploiement de la force», a expliqué le commissaire Paix et sécurité de l’organisation panafricaine, Smaïl Chergui.
«Mais nous surveillons de très près. Nous ne pourrons pas accepter que la situation dégénère. Auquel cas, l’Union africaine interviendra militairement», a poursuivi le président tchadien qui a clairement énoncé les priorités de son mandat d’un an, que sont les crises sécuritaires sur le continent: «vous ne pouvez pas parler de développement sans la paix et la stabilité. Quand une partie du continent est malade, c’est l’ensemble qui en souffre. Donc il faut qu’on sorte de ce cycle de violence et d’instabilité pour pouvoir s’occuper du développement. Bien sûr, le développement est aussi une priorité. Mais cela va de pair. Nous allons agir sur les deux».
Au moins 469 personnes ont été tuées au Burundi depuis l’annonce, en avril 2015, de la candidature dePierre Nkurunziza à un nouveau mandat. Selon les Nations unies, la crise politique engendrée par cette décision du président burundais a fait quelque 240 mille réfugiés, qui ont rejoint les pays voisins.
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