Crise anglophone : Un député Rdpc dénonce le silence des parlementaires

Jean Simon Ongola accuse la frilosité de certains parlementaires et  pense que l’inertie des élus du peuple est une source de décrédibilisation et de disqualification.

Jean-Simon Ongola, militant du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), a publié une tribune dans le quotidien Le Jour de ce 05 avril 2017. Dans son texte, le député réputé pour ses positions dénonciatrices des injustices sociales, s’étonne cette fois-ci contre le silence de ses collègues députés et sénateurs qui n’ont pas cru opportun de consacrer une séance à la crise anglophone lors de cette première session parlementaire de l’année 2017. Pourtant, se souvient-il, la guerre contre Boko Haram a bénéficié d’une attention particulière à l’Assemblée nationale. Pourtant, ces deux crises menacent la paix et la sérénité du Cameroun.

Cette crise passée sous silence au Parlement justifie, selon Jean Simon Ongola, le désamour des populations En effet, les élus ayant reçu le mandat du peuple pour le représenter, ils ont le devoir de répercuter ses préoccupations afin que des solutions soient prises après des débats de fond. Or, regrette le député, de nombreux parlementaires sont déconnectés de la réalité de leurs populations (pauvreté, chômage, injustice sociale, etc) ou, pire, font preuve d’un excès de zèle et vont au-delà de ce qu’il appelle la «discipline partisane ». Jean-Simon Ongola se désole aussi du fait que « parfois, les débats au sein des commissions spécialisées de l’Assemblée nationale sont balayés d’un revers de la main par des personnes ayant une connaissance partielle approximative ou inexacte du vécu des populations ». De quoi faire passer le Parlement pour une chambre d’enregistrement et pas d’action. Le pouvoir exécutif n’en est que plus fort, paradoxalement à ce qui devrait être.

Fort de ce constat, pour ne pas accentuer l’image négative du Parlement déjà ancrée dans l’imagerie populaire, Jean-Simon Ongola appelle ses collègues à s’engager davantage dans le sens de l’intérêt commun. Par ailleurs, il invites les parlementaires à mieux s’imprégner des textes en faisant appel à l’expertise extérieure pour une meilleure compréhension des changements qui s’opèrent dans notre société. « Revisiter le fonctionnement de l’Assemblée nationale suppose que tout ne se passe plus comme si un petit milieu, composé de fonctionnaires, détient la vérité…Ceci nous oblige à combattre avec la plus grande énergie, l’esprit courtisan qui nous habite et nous avilit, avec un goût de dépassement et une soif d’engagement personnel », soutient le député.