CRISE ANGLOPHONE : MAURICE KAMTO S’EN PREND À BIYA

Le président du mouvement de la renaissance du Cameroun estime que le président de la république a un intérêt politique à ce que la crise perdure dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest.

Que faut-il qu’il arrive aux Camerounais pour que le président Paul Biya fasse montre de compassion ? S’indigne le président du Mouvement de la Renaissance du Cameroun (MRC), Maurice Kamto, suite aux enlèvements de haut fonctionnaires dans le Sud-Ouest et le Nord-Ouest face aux journalistes la semaine dernière, le président du MRC, a indiqué que le mutisme du président de la République et des membres du gouvernement ainsi que le manque de dialogue a envenimé la situation de crise qui prévaut dans la zone anglophone du pays depuis plus d’un an.

« La crise anglophone est aujourd’hui devenue une guerre civile », reconnait-il. « Le gouvernement a gardé le silence face aux récents enlèvements. Le ministre de l’Administration territoriale n’a pas jugé bon de s’exprimer sur ce sujet et le ministre des Affaires sociales a également choisi de laisser son collaborateur à son triste sort », déplore Maurice Kamto. Le président du MRC aurait par ailleurs souhaité que la situation des fonctionnaires enlevés dans la zone anglophone soit inscrite à l’ordre du jour du conseil de ministre, tenu le 15 mars dernier sous la présidence du chef de l’Etat, Paul Biya.

« Ailleurs, ces enlèvements font l’objet de réunions de crise », fait savoir le juriste de formation. En outre, Maurice Kamto reproche également à Paul Biya de ne pas avoir de compassion pour son peuple. « Il faut que Monsieur Biya fasse enfin montre de compassion. Dans le conflit contre Boko Haram, il n’est jamais allé porter la compassion du peuple camerounais aux familles qui ont perdu leur proche, ni estimé qu’il pouvait se rendre aux chevets des soldats blessés.

Dans le cas de la crise anglophone, il ne s’est jamais rendu dans cette zone pour apporter du réconfort aux populations. Nous pensons ferment qu’une descente à Bamenda ou à Buea aurait apaisé les tensions », croit-il. Et d’ajouter : « Nous avons indiqué l’urgence d’ouvrir un dialogue sur la situation politique et social du pays et sur la crise anglophone. Malheureusement, nous n’avons pas été écouté, ni entendu, ni par les sécessionnistes, ni par le gouvernement, d’où la dramatique situation qui prévaut actuellement dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest », fait savoir le président du MRC.Pour lui, l’attitude du président Paul Biya renseigne à suffisance sur considération qu’il a pour les Camerounais. Toutefois, Maurice Kamto croit qu’il est temps de mettre fin à la crise anglophone car dit-il la sécession est une voie sans issue. « Seul un dialogue politique, inclusif traitant des revendications de nos compatriotes et au-delàs, de toutes le grandes questions politiques de notre pays qui peut naitre pourront amener un terme aux violences », indique-t-il.

« Jamais personne n’acceptera la partition de notre beau et cher pays, fruit d’un héritage historique des Anglophones et des Francophones qui se sont désignés à porter ensemble leur patrie au plus haut niveau de développement », a fait savoir Maurice Kamto avant d’encourager les Camerounais, surtout ceux de la zone anglophone, à participer massivement aux différentes échéances électorales prévues cette année.

© Défis Actuels : Ghislaine Ngancha