Crise anglophone : Les mototaximen « inondent » Bafoussam

La situation sociopolitique dans le Nord-Ouest engendre une montée vertigineuse des transporteurs urbains par motos vers le chef-lieu de la région de l’Ouest.A l’entrée des hôpitaux, des marchés et autres lieux à forte concentration humaine de la ville de Bafoussam, on note la présence massive des conducteurs par moto.

Une situation qui rend cette activité moins productive. Il est 11H56, ce mercredi 11 octobre 2017, Clément Tchinda, mototaximan dans la ville de Bafoussam depuis des années attend les potentiels clients depuis quelques minutes. « Depuis le matin, je n’ai pas pu travailler 3000F. Il y’a trop de mototaximen dans la  ville. Je passe mon temps à somnoler sur ma moto. Il n’y a pas de travail. Rien ne sort. Il faut attendre des minutes pour avoir un passager. Quand bien même, le client est présent, il paye mal », regrette-t-il. « Nous remarquons la présence massive des mototaximen venus de Bamenda pour s’installer dans la ville. Avec les problèmes au Nord-Ouest, ils se sont installés à Bafoussam. C’est dans ce sens que le travail devient difficile. Je n’arrive plus à joindre les deux bouts. Il y’a plus de motos et moins de passagers. C’est mon seul métier. Je suis obligé de supporter en  jouant tout simplement au maintien », reconnait Marcel Djong, mototaximan. Ses propos sont corroborés par l’un des transfuges de Bamenda.

« Je suis à Bafoussam depuis septembre 2017. Au départ, j’avais pensé rester ici de manière provisoire en attendant revenir le calme à Bamenda. Avec les villes mortes et l’insécurité, il était si difficile de travailler. Mais présentement, je me dois de m’installer définitivement dans la ville en ce sens que la situation perdure. Ma petite famille est déjà à Bafoussam avec moi. Même si le travail est rare, je suis au moins en sécurité avec ma famille. Je me bats au quotidien pour qu’elle ait au moins de quoi manger », témoigne Armel Sokeng. Cette surabondance de transporteurs urbains par motos dans la ville de Bafoussam vient ainsi donner du fil à retordre dans le cadre de la gestion du désordre urbain. Le délégué du gouvernement dans sa démarche veut recadrer l’activité  de mototaxi. Lors d’une caravane organisée récemment auprès de ces acteurs majeurs, Emmanuel Nzété se veut gardien des droits et devoirs des transporteurs urbains par motos  dans l’exercice de leur profession.