Crise anglophone : Le révérend Augustine Nkwain, secrétaire à l’éducation catholique, a été libéré par les séparatistes

Augustine Nkwain, secrétaire à l’éducation catholique de l’archidiocèse de Bamenda, a regagné son presbytère le vendredi 4 octobre 2019, après être resté en captivité séparatiste pendant près de 24 heures.

Le prélat aurait été enlevé jeudi matin autour de la cathédrale de Big Mankon par des hommes armés non identifiés qui se battraient pour faire des régions du nord-ouest et du sud-ouest du Cameroun un Etat indépendant baptisé Ambazonia.

On ne sait pas encore pourquoi le prêtre a été fait prisonnier, mais cela n’est peut-être pas sans rapport avec les efforts visant à entraver le bon fonctionnement des écoles. Les membres des groupes armés affirment que les écoles ne reprendront leurs activités qu’après avoir obtenu leur indépendance.

Augustine Nkwain est responsable de la coordination administrative, pédagogique et pastorale ainsi que du contrôle de la gestion des écoles maternelles, primaires et post-primaires catholiques de l’archidiocèse de Bamenda. Il est responsable devant l’Archevêque et les autres Conseils et Commissions de l’Enseignement Catholique au Cameroun.
Augustine Nkwain est le dernier prêtre à avoir été enlevé par les hommes armés. L’Église catholique affirme que des dizaines de religieuses et de prêtres ont été enlevés et libérés. Beaucoup croient que l’église a payé pour obtenir leur libération, une allégation que l’église nie.

L’Église catholique affirme qu’au moins neuf membres du clergé ont été tués, dont Charles Wesco, né aux États-Unis à Bambili, Cosmas Omboto Ondari, né au Kenya, abattu à Mamfe en novembre dernier, et le Prêtre Nougi Alexander Sob, tué à Muyuka l’an dernier.

Le 25 juin 2019, l’archevêque de Bamenda, Mgr Cornelius Fontem Esua, a été fait prisonnier par les séparatistes aux côtés de son chauffeur autour de Njinikejem dans la division Boyo de la région du Nord-Ouest alors qu’il enlevait les barrages routiers installés par les séparatistes armés sur la route menant à Bamenda. Il n’a été libéré que le lendemain.

L’enlèvement de l’archevêque est survenu une semaine après celui de l’évêque de Kumbo, Mgr George Nkuo.

L’Église catholique s’est montrée très bruyante au sujet des événements dans les régions anglophones du Cameroun et certains de ses principaux prélats ont participé au dialogue national majeur qui vient de s’achever et qui a fait des propositions pour sortir de la crise.