Crise anglophone : des leaders sécessionnistes demandent une enquête de la Cpi au Cameroun

Ces activistes ont adressé une lettre au procureur général de cette juridiction internationale le 12 octobre dernier.

Un groupe de sécessionnistes anglophones vient de saisir la Cour pénale internationale (CPI) pour demander une enquête de cette institution, sur les implications des personnalités camerounaises, à la suite des actes de violences enregistrés dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. La requête datée du 12 octobre 2017, demande au procureur de la CPI d’ouvrir une enquête sur, « le génocide en cours et des crimes contre l’humanité commis contre le peuple du sud-Cameroun».

Dans leur requête, les plaignants citent des personnalités camerounaises, comme étant directement responsables des « meurtres, tortures, viols, et enlèvements depuis octobre 2016 », enregistrés dans les zones anglophones pendant la crise. Il s’agit de Paul Biya (président de la République), René Emmanuel Sadi (ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation), Laurent Esso (ministre de la Justice), Jacques Fame Ndongo(ministre de l’Enseignement supérieur), Joseph Beti Assomo (ministre délégué à la présidence en charge de la Défense),  Martin Belinga Eboutou (Directeur du Cabinet civil), Jean-Baptiste Bokam (Secrétaire d’Etat à la Défense), Adolphe Lélé Lafrique (Gouverneur du Nord-Ouest) et Bernard Okalia Bilai (Gouverneur du Sud-Ouest).

Ces accusateurs ajoutent que si des mesures urgentes ne sont pas prises, le génocide en cours et les crimes contre l’humanité pourraient s’intensifier. Ils soulignent que les personnalités citées plus haut, ont donné l’ordre pour que des manifestants, qui marchaient « avec l’arbre de paix en main », soient abattus. «Plus de 50 manifestants, y compris des enfants, ont été confirmés morts. Certains ayant reçu des balles sont encore hospitalisés et plus de 100 autres sont portés disparus»,  précisent-ils.

Ces militants de la cause sécessionniste disent par ailleurs avoir constitué des preuves (vidéos, photos, enregistrements audios), ainsi que des communiqués de presse d’organisations de promotion des droits de l’Homme, qui rapportent ces atrocités.

La lettre, qui aurait été déposée à la Cpi, est signée de Calson Anyangwe, Julius Ayuk Tabe, Wilfried Tassang, Mlan Atam et Carol Chi Ngang.