Crédit agricole :La Chambre d’agriculture se lance dans la microfinance

Elle lance, dès lundi, une collecte d’épargne en vue de la création d’une banque dont la vocation sera le financement de l’agriculture.

Le président de la Chambre d’agriculture, des pêches, de l’élevage et des forêts du Cameroun (Capef), Janvier Mongui Sossomba est ferme : l’agriculture de seconde génération dont parle le président de la République, Paul Biya, depuis le comice agropastoral d’Ebolowa en 2011, suppose une amélioration des pratiques culturales ; l’augmentation de la production par l’accroissement des superficies cultivables et le respect des itinéraires techniques, le développement de la chaîne des valeurs, et une amélioration conséquente du pouvoir d’achat de l’exploitant et de son cadre de vie. Toutes ces exigences entrainent des besoins énormes en termes de financement, notamment pour l’acquisition des intrants, la prise en charge de la main d’oeuvre supplémentaire générée du fait de l’augmentation des exploitations, et bien d’autres charges diverses d’exploitation. Le constat est que les organismes dédiés au financement de l’entreprise agricole sont extrêmement rares.

Dans un tel contexte, les représentants des organisations des producteurs agropastoraux, halieutiques et forestiers, regroupés au sein de la Capef, viennent de décider du lancement, dès lundi prochain (19 octobre), d’une vaste campagne de collecte d’épargne, en vue de la création d’un établissement de microfinance agricole. La Banque agricole annoncée depuis 2011 par le chef de l’Etat, dont les activités tardent à démarrer, trouvera à travers cette structure des entrepreneurs agricoles, un relais  sur le terrain dès son entrée en fonction. En même temps qu’il appartiendra aux promoteurs issus de toutes les conditions sociales, cet établissement aura surtout vocation être implanté le plus près possible des producteurs, explique Janvier Mongui Sossomba. Pour qui le rôle de l’établissement en gestation sera dans un premier temps de soutenir les producteurs financièrement, et dans un second temps de jeter les bases d’une sécurité sociale en faveur des ruraux.

Ecosystèmes

Pour ce qui est des résultats, il y a lieu de s’attendre, de façon directe et indirecte, à l’accord des crédits pour 300 organisations des secteurs agropastoral, halieutique et sylvicole, au renforcement technique et managérial des organisations des producteurs, à la création de plus de 15ooo emplois directs, à l’augmentation de la production rurale, à la facilitation de la commercialisation des produits de groupe, à l’augmentation des revenus des ménages, etc. Types d’activités à financer : les outils de production, de transformation et de conservation ; la commercialisation ; la protection de la gestion durable des écosystèmes ; l’aménagement de l’espace rural ; etc.

La campagne de souscription y relative va s’étendre du 19 octobre au 10 décembre prochain ; c’est au terme de celle-ci que sera organisée une assemblée générale constitutive en vue de l’adoption des statuts de la structure, de son objet, etc. On sait d’ores et déjà que cet établissement, dont seront actionnaires les Camerounais de toutes les conditions, ainsi que les organisations paysannes, les coopératives, les sociétés agro-industrielles et forestières, etc., prendra la forme d’une société anonyme. La Capef promet d’entrée de jeu qu’elle ne jouera qu’un rôle d’accompagnement de cette banque. Elle n’interviendra pas directement dans sa gestion.