COP 21 : le Cameroun s’engage à réduire de 32% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2035

Dans une mouture non encore définitive de sa présentation lors de la 21e Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, prévue du 30 novembre au 11 décembre 2015 à Paris en France, le Cameroun s’engage à œuvrer pour «une réduction à hauteur de 32% de ses émissions de gaz à effet de serre (GES)» à l’horizon 2035, date à laquelle le pays projette de devenir émergent.

«Dans le scénario de référence, les émissions de GES atteindront 104 millions de tonnes de dioxyde de carbone ou équivalents (MtCO2equ) en 2035, soit une hausse de 166 % par rapport à 2010. Dans le scénario de la contribution prévue déterminée au plan national (CPDN), l’augmentation des émissions de GES est contenue à 71 MtCO2equ en 2035, soit une hausse de 82% (seulement) par rapport à 2010 (39 MtCO2equ). En d’autres termes, l’augmentation des émissions par rapport à l’année de base est réduite de moitié (32 contre 65 MtCO2equ)», révèle le document.

Pour parvenir à ce résultat, qui «représente un effort significatif pour un pays dont les émissions sont insignifiantes à l’échelon international, et dont le PIB par habitant se situe au 148ème rang mondial», le gouvernement camerounais envisage de mettre en place une batterie de mesures, notamment dans les domaines de l’agriculture, l’exploitation forestière, la gestion des déchets, la production de l’électricité, le bâtiment, les transports et le développement industriel.

La bouffée d’oxygène des énergies renouvelables

Il va par exemple s’agir, apprend-on, de continuer à développer le secteur agro-sylvo-pastoral, «tout en limitant son effet carbone». Cette stratégie, selon les experts camerounais, passe concrètement par «le renforcement de la gestion durable et la valorisation des forêts et de la biodiversité, notamment grâce au suivi spatial des terres». Elle passe également par «le reboisement des savanes et la réhabilitation des terres dégradées», de même que l’utilisation des semences et des plants à très haut rendement, de manière à augmenter la production agricole sans nécessairement avoir besoin de détruire des forêts pour avoir plus d’espaces cultivables.

En matière de production d’électricité, le gouvernement camerounais compte réduire de 26% ses émissions de GES par rapport à l’année de référence qui est 2010, en privilégiant la valorisation des énergies renouvelables. Concrètement, soulignent les experts locaux, il va s’agir d’augmenter les parts de la biomasse (7%), de la micro-hydro (11%), du solaire (6%) et de l’éolien (1%) dans le mix-énergétique du Cameroun. Pour rappel, actuellement, ces différentes composantes représentent cumulativement 1% seulement (contre 25% en 2035) du mix-énergétique camerounais, contre 25% pour le thermique et 74% pour la grande hydroélectricité.

Les transports collectifs pour réduire les émissions de GES

Toujours dans le secteur de l’électricité, des initiatives de rationalisation de la consommation sont envisagées, de manière à pouvoir économiser, apprend-on, l’équivalent de 450 MW de capacité installée d’ici à 2035. Pour l’heure, officiellement, environ 6,5% de l’énergie électrique produite localement est perdue au cours du transport et 29% s’évapore dans les circuits de distribution, à cause des fraudes et de la qualité approximative des équipements.

Dans le secteur des transports, il est envisagé de «développer les offres de transport bas-carbones» de manière générale, notamment en accompagnant par exemple «les collectivités locales décentralisées dans l’élaboration de plans de développement de transport collectif intra et interurbain (tramway à Yaoundé et Douala)».

Le segment du bâtiment ne sera pas en reste. Il y est non seulement prévu de «réviser le code du bâtiment, en vue d’améliorer la performance énergétique par des normes thermiques de construction et de rénovation, et un processus de certification», mais aussi d’organiser «toute la chaîne de valeur à la construction/rénovation basse consommation».